Ces dernières semaines Les Experts Compétences ont tenté d’analyser le fonctionnement de l’espace économique de la formation professionnelle. La conclusion est que le pouvoir a échappé aux Organismes de Formation. C’est un fait ! A l’heure d’une énième modification des normes (du CPF notamment) la question que soulève les Experts Compétences c’est comment échapper aux diktats des structures étatiques qui étouffent le marché.
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- Vers la fin du modèle CPF-dépendant
Depuis plusieurs années, le CPF a profondément structuré le marché de la formation professionnelle.
Il a apporté du volume, de la fluidité commerciale, une solvabilisation massive de la demande.
Il a aussi créé une dépendance.
Aujourd’hui, une question s’impose aux dirigeants d’organismes de formation :
Et si le modèle 100 % CPF n’était qu’une parenthèse ?
Vers la fin du modèle CPF-dépendant ?
L’illusion de stabilité
Le CPF a donné l’impression d’un marché stabilisé :
demande solvabilisée
tunnel d’achat simplifié
financement direct
disparition du cycle commercial classique
Beaucoup d’OF ont alors fait un choix rationnel :
se spécialiser, optimiser le tunnel CPF, industrialiser l’acquisition.
Le problème n’est pas le CPF.
Le problème est la concentration du chiffre d’affaires sur un seul canal réglementé.
Un modèle dépendant d’un financeur public est, par nature, exposé au risque politique.
Les signaux faibles sont déjà là
Sans catastrophisme, les évolutions récentes sont claires :
mise en place d’un reste à charge
durcissement des contrôles
déréférencements massifs
encadrement renforcé des pratiques commerciales
arbitrages budgétaires sous tension
Le CPF est désormais un outil piloté dans un contexte budgétaire contraint.
Ce n’est plus une dynamique expansive.
C’est un système régulé, surveillé et maîtrisé.
Le vrai risque : la dépendance structurelle
Un OF 100 % CPF est exposé à :
un décret
un changement d’éligibilité
une modification des priorités politiques
un arbitrage budgétaire annuel
La question n’est pas idéologique.
Elle est économique.
Si demain le CPF baisse de 30 à 40 % sur votre activité, votre structure tient-elle ?
Votre trésorerie absorbe-t-elle le choc ?
Votre acquisition repose-t-elle uniquement sur cette mécanique ?
Votre marque existe-t-elle en dehors de la plateforme ?
C’est ici que se situe le vrai sujet.
Trois scénarios plausibles à trois ans
1. Stabilisation contrôlée
Le CPF se maintient, mais dans un cadre plus restrictif.
Moins d’abus, moins de volume, plus de contrôle.
2. Restriction budgétaire
Plafonnements renforcés, ciblage sectoriel, réduction des financements sur certaines catégories de formation.
3. Réorientation stratégique
Priorité donnée à des axes nationaux (numérique, transition écologique, métiers en tension).
Les autres segments deviennent secondaires.
Dans les trois cas, un modèle mono-canal reste fragile.
Le CPF n’est pas un modèle économique
C’est un canal de financement.
Un modèle économique repose sur :
une proposition de valeur forte
une marque identifiée
une capacité commerciale autonome
une diversification des sources de chiffre d’affaires
Le CPF peut être un accélérateur.
Il ne peut pas être une fondation unique.
Traverser la période actuelle
Le contexte est objectivement tendu :
incertitude réglementaire
pression administrative
climat médiatique défavorable
concurrence accrue
Mais les périodes de contraction ont toujours produit deux types d’acteurs :
Ceux qui subissent.
Ceux qui se restructurent.
Pour un dirigeant d’OF, la question stratégique devient :
Comment réduire ma dépendance ?
Comment reconstruire une logique B2B ?
Comment renforcer ma marque propre ?
Comment transformer mes apprenants en ambassadeurs ?
Comment créer une offre qui existe même sans financement public ?
Ce que révèle cette période
Le CPF a permis une croissance rapide.
Il oblige aujourd’hui à une maturité stratégique.
Les structures qui survivront ne seront pas les plus opportunistes.
Ce seront les plus structurées.
Positionnement clair
Offre différenciante
Marketing maîtrisé
Diversification des canaux
Pilotage financier rigoureux
DONC
Le CPF ne va probablement pas disparaître.
Mais le modèle CPF-dépendant, lui, est fragilisé.
La vraie question n’est pas :
Le CPF va-t-il mourir ?
La vraie question est :
Mon organisme est-il capable de vivre sans lui ?
C’est dans cette réflexion que se joue l’avenir de nombreux organismes de formation.
Notre rôle, aujourd’hui, n’est pas d’entretenir l’illusion.
Il est d’aider les dirigeants à construire des modèles plus résilients.
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SOURCES
Caisse des Dépôts (gestion du CPF)
Ministère du Travail (évolutions réglementaires)
France compétences (rapports financiers et régulation)
Rapports annuels sur le financement de la formation professionnelle
Décrets relatifs au reste à charge CPF
FAQ – CPF et stratégie des organismes de formation
Le CPF va-t-il disparaître ?
Non. Le CPF est un dispositif structurant du système français de formation. En revanche, ses modalités de financement et d’éligibilité peuvent évoluer selon les arbitrages budgétaires et politiques.
Le reste à charge est-il un tournant majeur ?
Oui. Il marque une inflexion : on passe d’un financement perçu comme automatique à un modèle plus responsabilisant pour l’apprenant. Cela modifie mécaniquement le volume d’inscriptions impulsives.
Un organisme 100 % CPF est-il en danger ?
Pas nécessairement.
Mais il est exposé à un risque réglementaire élevé. La dépendance à un canal unique augmente la vulnérabilité en cas d’évolution du cadre.
Faut-il abandonner le CPF ?
Non.
Il faut le considérer comme un levier parmi d’autres, et non comme le socle exclusif du modèle économique.
Par quoi commencer pour diversifier ?
Réactiver une approche B2B.
Développer une stratégie de marque propre.
Structurer une offre premium hors plateforme.
Travailler la recommandation et le réseau professionnel.