Avons-nous oublié à quoi sert vraiment la formation ?

Avons-nous oublié à quoi sert vraiment la formation ?

Le rapport du Sénat donne à nos  Experts Compétences  une tribune pour poser la question que le rapport ne pose pas suffisamment : à force de regarder la formation comme une dépense à optimiser, a-t-on oublié ce qu’est la formation ?

Il faut toutefois être précis : Nous ne disons pas que la formation « n’a jamais de lien avec le chômage ». Ce serait trop absolu et facilement contestable. La formation peut améliorer l’employabilité, faciliter une reconversion ou répondre à des pénuries de compétences. En revanche, elle ne crée pas, à elle seule, les emplois auxquels elle est censée conduire. L’emploi est créé par les entreprises, les administrations, les activités économiques et la demande de travail. C’est cette nuance qui rend notre critique solide.

NOS ARTICLES SUR LE MEME SUJET

  1. Avons-nous oublié à quoi sert la formation ?
  2. Formation tout au long de la vie VS Liberté de choisir son avenir professionnel
  3. Vendre la pédagogie ou la performance ?
  4. Les signaux qui annoncent une transformation de la FPC
  5. 7 stratégies qui permettront la prospérité dans les 10 prochaines années

Depuis plusieurs années, le débat sur la formation professionnelle semble avoir changé de nature.

On parle de milliards d’euros dépensés, de déficit de France compétences, de coût horaire, de reste à charge, de fraude, de plafonds, de certifications, d’employabilité, de retour à l’emploi et désormais de régulation de l’offre.

Le récent rapport du Sénat sur le CPF en est une nouvelle illustration : l’une de ses recommandations consiste à « réguler en priorité l’offre de formation afin d’en améliorer la qualité ».

Cette réflexion n’est pas illégitime.

Mais une question demeure étonnamment absente du débat :

Au fait, à quoi sert la formation professionnelle ?

Car à force de vouloir lui faire porter des objectifs économiques, sociaux, budgétaires et statistiques de plus en plus nombreux, on finit peut-être par lui demander quelque chose qu’elle ne peut pas faire.

Créer des emplois.

Or ce n’est pas la formation qui embauche.

Avons-nous oublié à quoi sert vraiment la formation ?

Une étrange confusion entre compétences et emplois

Il faut revenir à une distinction élémentaire.

Une formation produit principalement une chose :

des connaissances, des compétences, des qualifications ou une capacité nouvelle à exercer une activité.

Elle ne produit pas directement un poste de travail.

Un organisme de formation peut former cent personnes au métier de comptable.

  • Il ne peut pas créer cent emplois de comptable.
  • Il peut former des salariés à l’intelligence artificielle.
  • Il ne peut pas obliger une entreprise à investir dans l’IA.
  • Il peut former des demandeurs d’emploi au numérique.
  • Il ne peut pas décider qu’une entreprise numérique va recruter davantage.

Cette distinction semble évidente.

Pourtant, elle devient étonnamment floue lorsqu’on examine la manière dont sont évaluées les politiques de formation.


 

Depuis 2018, la formation a progressivement changé de récit

La loi du 5 septembre 2018 porte un nom particulièrement révélateur :

« Pour la liberté de choisir son avenir professionnel ».

La réforme voulait transformer profondément le système.

Le CPF a été monétisé, puis Mon Compte Formation a été lancé en novembre 2019. Le discours officiel présentait alors le CPF comme un droit individuel destiné à permettre à chacun de développer ses compétences et de construire son avenir professionnel.

Le ministère présentait même la formation comme un « nouveau droit fondamental » du modèle social français et insistait sur le développement des compétences face aux transformations de l’économie.

Sur le papier, l’ambition était considérable.

Faire de la compétence un actif individuel.

Mais progressivement, un autre récit s’est installé.

La formation est devenue une variable de la politique de l’emploi.

Et c’est là que le problème commence.


 

Une formation peut favoriser l’emploi. Elle ne peut pas créer l’emploi.

Il faut absolument distinguer les deux propositions.

Proposition n°1

Une formation peut augmenter les chances qu’une personne accède à un emploi.

Oui.

C’est parfaitement défendable.

Une personne qui acquiert une qualification recherchée peut améliorer son employabilité.

Une personne qui se reconvertit peut accéder à un nouveau métier.

Un salarié qui développe ses compétences peut éviter une obsolescence professionnelle.

La formation peut donc contribuer à l’insertion, à la mobilité et à la sécurisation des parcours.

Le ministère lui-même définit aujourd’hui le CPF comme un droit mobilisable tout au long de la vie active, notamment destiné au maintien de l’employabilité et à la sécurisation du parcours professionnel.

Proposition n°2

La formation fait baisser le chômage.

Là, le raisonnement devient beaucoup plus problématique.

Parce qu’il suppose implicitement qu’il existe un nombre déterminé d’emplois et qu’il suffit de disposer des bonnes compétences pour les occuper.

Or le marché du travail ne fonctionne pas ainsi.


 

Le problème n’est pas toujours l’absence de compétences

Imaginons une économie dans laquelle :

  • 100 personnes cherchent un emploi ;
  • 80 postes sont disponibles ;
  • 20 personnes restent donc sans emploi.

Formons les 20 personnes restantes.

Avons-nous créé 20 emplois ?

Non.

Nous avons amélioré leurs compétences.

Mais si seulement 80 postes existent, il restera toujours un problème d’offre d’emploi.

C’est volontairement schématique.

Mais cette distinction est essentielle.

Le nombre d’emplois disponibles dépend de l’activité économique, des investissements, de la consommation, des stratégies des entreprises, des politiques économiques, des transformations sectorielles et d’une multitude d’autres facteurs.

La formation intervient ensuite.

Elle peut permettre aux individus de mieux occuper les emplois disponibles.

Elle peut également accompagner les mutations et éviter que certaines compétences deviennent obsolètes.

Mais elle ne peut pas, par elle-même, faire apparaître les emplois.


 

Et pourtant, on demande aux organismes de formation de « régler » le problème

C’est là que le débat devient particulièrement injuste pour les organismes de formation.

On demande à l’OF de démontrer :

« l’employabilité » de sa formation.

  • Puis on mesure les sorties vers l’emploi.
  • Puis on compare les formations.
  • Puis on regarde les coûts.
  • Puis on cherche à identifier les formations qui « fonctionnent ».

Mais qu’est-ce qu’une formation qui fonctionne ?

Une formation dont 80 % des stagiaires trouvent un emploi ?

Très bien.

Mais dans quel contexte économique ?

  • Dans quel bassin d’emploi ?
  • Avec quelle conjoncture ?
  • Pour quel niveau de qualification ?
  • Avec quelles entreprises présentes localement ?
  • Avec quels salaires ?
  • Avec quelle expérience professionnelle préalable ?
  • Avec quelle mobilité géographique ?
  • Avec quelle situation personnelle ?
  • Avec quelle politique de recrutement des entreprises ?

On voit immédiatement le problème.

L’OF contrôle la formation. Il ne contrôle pas le marché du travail.


 

L’entreprise reste le lieu où se crée l’emploi

Cela paraît presque trivial.

Mais il faut le rappeler.

Un organisme de formation peut créer une compétence.

L’entreprise crée le poste.

C’est elle qui décide :

  • d’investir ;
  • de produire davantage ;
  • d’ouvrir une nouvelle activité ;
  • de remplacer un salarié ;
  • de créer un service ;
  • de recruter ;
  • de ne pas recruter.

La formation peut accompagner chacune de ces décisions.

Elle peut même les rendre possibles lorsque les compétences manquent.

Mais elle ne peut pas prendre la décision à la place de l’employeur.

C’est précisément pourquoi la loi de 2018 elle-même reconnaît plusieurs fonctions à la formation : accès à l’emploi, adaptation au poste, maintien dans l’emploi, développement des compétences et prévention de l’obsolescence des qualifications.

L’accès à l’emploi n’est donc qu’une des fonctions de la formation.

Pas sa définition.


Où est passée la formation tout au long de la vie ?

C’est probablement la vraie question.

Le concept de formation tout au long de la vie n’est pas nouveau.

Il repose sur une idée simple et beaucoup plus ambitieuse que la seule employabilité :

une personne doit pouvoir continuer à apprendre pendant toute sa vie professionnelle.

  • Changer de métier.
  • Approfondir son métier.
  • Découvrir une nouvelle technologie.
  • Développer une compétence qui n’a pas encore de débouché immédiat.
  • Préparer une évolution future.
  • Maintenir son niveau.
  • Transmettre à son tour.
  • Préparer une mobilité.
  • Anticiper une transformation économique.
  • Et parfois simplement apprendre.

Or le système actuel semble de plus en plus demander à la formation de justifier immédiatement son retour économique.


 

Tout doit désormais avoir un ROI

C’est probablement l’une des dérives les plus importantes.

On parle de :

  • coût par heure.
  • coût par bénéficiaire.
  • coût par certification.
  • coût par retour à l’emploi.
  • coût par compétence.
  • économies réalisées.
  • dépenses évitées.
  • efficacité du CPF.

Bien sûr que ces indicateurs sont nécessaires.

Il serait absurde de prétendre que l’argent public n’a pas à être contrôlé.

Mais un système de formation ne peut pas être évalué uniquement comme une machine financière.

Parce qu’une partie de la valeur de la formation est différée.


 

Une compétence peut être inutile aujourd’hui et indispensable demain

C’est particulièrement vrai dans une économie en transformation.

Prenons une entreprise qui investit dans une technologie nouvelle.

Les compétences nécessaires ne sont peut-être pas encore celles qui apparaissent dans les statistiques de recrutement.

Faut-il attendre que les emplois existent pour former les personnes ?

Ce serait absurde.

Il faudrait alors former uniquement après la transformation.

Or la formation sert aussi à préparer.

C’est précisément ce que devrait être une politique de compétences.

Anticiper.

Pas simplement réparer.


 

Le paradoxe du CPF

Le CPF était pourtant construit autour d’une idée relativement puissante.

  • Le compte est individuel.
  • Il suit la personne.
  • Les droits restent attachés à l’individu lorsqu’il change de situation professionnelle.

Le ministère le présente toujours comme un droit à la formation mobilisable tout au long de la vie active.

Cette architecture avait une logique :

donner à l’individu une capacité d’action sur ses compétences.

Mais plus le CPF devient un instrument de régulation économique, plus cette logique se réduit.

  • Le titulaire choisit-il réellement librement ?
  • L’organisme peut-il réellement proposer librement ?
  • La formation doit-elle être utile immédiatement ?
  • Doit-elle répondre à un besoin identifié par le marché ?
  • Doit-elle être rentable ?
  • Doit-elle déboucher sur un emploi ?

À force d’ajouter des conditions, le droit individuel risque progressivement de devenir un outil d’allocation administrative de ressources.

Et ce n’est plus tout à fait la même philosophie.


 

Le rapport du Sénat est révélateur d’une évolution

Il ne faut pas caricaturer le rapport.

Le Sénat pose de vraies questions :

  • coût du CPF ;
  • fraude ;
  • abandon des formations ;
  • qualité ;
  • pertinence des certifications ;
  • efficacité de la dépense publique ;
  • développement des abondements.

Ce sont des sujets légitimes.

Mais lorsque le rapport propose de réguler l’offre de formation, il faut poser une question complémentaire :

Qui décide désormais de ce qui constitue une « bonne » formation ?

Et surtout :

Sur quel horizon temporel ?

Car une formation peut être :

  • utile à court terme ;
  • utile à moyen terme ;
  • utile pour sécuriser une carrière ;
  • utile pour permettre une reconversion ;
  • utile pour accompagner une transformation technologique ;

ou simplement contribuer à l’élévation générale des compétences.

Ces valeurs ne sont pas toujours immédiatement mesurables en retour à l’emploi.


 

Attention à la prophétie autoréalisatrice

Il existe ici un risque particulièrement sérieux.

Si les financements publics sont progressivement orientés uniquement vers les compétences qui correspondent aux besoins de recrutement actuellement identifiés, les organismes de formation vont naturellement adapter leur offre.

C’est logique.

Mais on risque alors de financer massivement les compétences déjà demandées.

Et beaucoup moins celles dont nous aurons besoin demain.

Le système devient alors excellent pour répondre au passé récent.

Mais beaucoup moins performant pour préparer l’avenir.


 

Ce que cela change pour les dirigeants d’OF

Il ne faut évidemment pas conseiller aux dirigeants d’OF d’ignorer les nouvelles exigences.

Ce serait suicidaire.

Au contraire.

Il faut leur conseiller de distinguer trois niveaux de valeur dans leur catalogue.

Niveau 1 — La compétence immédiatement employable

Formation directement liée à un métier et à des besoins de recrutement identifiés.

C’est évidemment le terrain privilégié des politiques publiques actuelles.

Niveau 2 — La compétence de transformation

Formation destinée à accompagner l’évolution d’un métier :

IA, numérique, automatisation, nouvelles réglementations, nouvelles méthodes de travail, transition écologique, etc.

Elle ne répond pas forcément à un recrutement immédiat.

Mais elle peut être essentielle à moyen terme.

Niveau 3 — La compétence de sécurisation du parcours

Formation qui permet à une personne de rester capable d’évoluer dans son environnement professionnel.

C’est probablement la dimension la plus proche de l’esprit initial de la formation tout au long de la vie.

Et c’est précisément celle que les indicateurs purement financiers mesurent le moins bien.


 

Le véritable rôle des organismes de formation

Un OF n’est pas une agence de placement.

Ce n’est pas une entreprise de recrutement.

Ce n’est pas France Travail.

Ce n’est pas une entreprise qui décide des investissements.

Ce n’est pas le gouvernement.

Son métier est de développer les compétences.

Il doit évidemment le faire sérieusement.

  • Avec des objectifs pédagogiques.
  • Avec des résultats.
  • Avec des méthodes adaptées.
  • Avec des formateurs compétents.
  • Avec une évaluation pertinente.
  • Avec une qualité vérifiable.
  • Mais il ne faut pas lui demander de garantir ce qu’il ne contrôle pas.

Un organisme de formation ne peut pas garantir l’existence du poste de travail.

Et cette distinction devrait être beaucoup plus présente dans l’évaluation des politiques publiques.


 

Il faut remettre la compétence au centre

Voilà peut-être le débat que nous devrions avoir.

Non pas :

« Combien coûte la formation ? »

Mais aussi :

« Quelles compétences voulons-nous que la population active possède dans cinq, dix ou quinze ans ? »

Non pas uniquement :

« Combien de stagiaires ont retrouvé un emploi ? »

Mais aussi :

« Combien de parcours professionnels avons-nous sécurisé ? »

Non pas seulement :

« Quelle formation produit le meilleur retour financier ? »

Mais :

« Quelles capacités voulons-nous donner aux individus pour qu’ils puissent continuer à évoluer ? »

C’est une conception beaucoup plus ambitieuse de la formation professionnelle.


 

Et si nous inversions la question ?

Aujourd’hui, la question semble souvent être :

« Que devons-nous financer pour répondre aux besoins du marché du travail ? »

Il faudrait également poser :

« De quelles compétences la population active aura-t-elle besoin pour pouvoir s’adapter au marché du travail qui vient ? »

La nuance est fondamentale.

Dans le premier cas, la formation suit l’emploi.

Dans le second, la formation prépare la transformation.

Une véritable politique de formation tout au long de la vie doit faire les deux.


 

Aux dirigeants d’OF : ne laissez pas réduire votre métier à une ligne budgétaire

C’est probablement le message que nous pouvons laisser à nos lecteurs.

  • Oui, les dépenses publiques doivent être contrôlées.
  • Oui, la fraude doit être combattue.
  • Oui, les formations doivent être de qualité.
  • Oui, les certifications doivent avoir du sens.
  • Oui, les organismes de formation doivent rendre des comptes.

Mais il faut également défendre une idée essentielle :

la valeur d’une formation ne se résume pas à son coût ni au nombre d’emplois qu’elle permet de décrocher dans les six mois.

Former quelqu’un, c’est augmenter son capital de compétences.

Et ce capital peut être utilisé :

  • demain ;
  • dans cinq ans ;
  • dans une reconversion ;
  • dans une promotion ;
  • dans une entreprise différente ;
  • dans un métier qui n’existe pas encore.

C’est justement pour cela que l’on parle de formation tout au long de la vie.


 

La vraie question pour 2027

Le débat actuel sur le CPF risque de rester enfermé dans une équation très simple :

dépenses → économies → efficacité → emploi.

Nous devrions avoir le courage d’ajouter une autre équation :

compétences → adaptation → autonomie → sécurisation → capacité à évoluer.

Les deux ne sont pas incompatibles.

Mais elles ne poursuivent pas exactement le même objectif.

Et si nous voulons réellement préparer une société dans laquelle les métiers changent rapidement, les technologies évoluent, les carrières deviennent moins linéaires et les compétences deviennent obsolètes plus rapidement, alors la formation ne peut pas être considérée uniquement comme une dépense qu’il faut rendre immédiatement rentable.

Elle doit aussi être considérée comme une infrastructure de compétences.

Et une infrastructure ne se juge pas uniquement à ce qu’elle rapporte aujourd’hui.

Elle se juge aussi à ce qu’elle permet de rendre possible demain.


Si cet article vous a plu, vous pouvez suivre les travaux des experts compétences en rejoignant le blog de la formation et vous inscrire à la Newsletter. Les experts compétences accompagnent tous les projets à forte composante numérique autour du Marketing, du Management et de la Formation. Ceci pour des organismes de formation comme pour les entreprises. Pour les contacter, laissez leur un message

Le blog de la formation propose des rubriques comme :

MOTS CLÉS 

  • formation professionnelle et chômage
  • formation et emploi
  • CPF 2026
  • réforme CPF
  • régulation CPF
  • organismes de formation
  • développement des compétences
  • politique de formation professionnelle
  • loi avenir professionnel
  • liberté de choisir son avenir professionnel
  • France compétences
  • avenir de la formation professionnelle
  • compétences et emploi
  • formation professionnelle 2027
  •  

SOURCES

  • Loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, notamment les dispositions définissant les finalités de l’action de formation.
  • Ministère du Travail — Le compte personnel de formation, mise à jour du 13 avril 2026.
  • Ministère du Travail — Le conseil en évolution professionnelle, qui rappelle les fonctions d’évolution, d’insertion, de développement des compétences, de reconversion et de sécurisation des parcours.
  • Ministère du Travail — dossier de présentation de la réforme de 2018, qui présentait la formation comme un investissement dans les compétences et un élément du modèle social
  •  

Mini FAQ : Avons-nous oublié à quoi sert vraiment la formation ?

La formation professionnelle doit-elle permettre de retrouver un emploi ?

Elle peut y contribuer, notamment lorsqu’elle permet d’acquérir une qualification ou des compétences recherchées. Mais elle ne contrôle ni la création des postes ni les décisions de recrutement des entreprises.

Peut-on donc mesurer l’efficacité d’une formation par le retour à l’emploi ?

Le retour à l’emploi est un indicateur pertinent dans certains dispositifs. Il ne peut toutefois pas constituer à lui seul une mesure universelle de la qualité d’une formation. La nature du public, le territoire, la conjoncture, le métier et les conditions de recrutement doivent être pris en compte.

La loi de 2018 avait-elle uniquement pour objectif l’emploi ?

Non. Le Code du travail définit également des objectifs d’adaptation au poste, de maintien dans l’emploi et de développement des compétences.

Le CPF est-il encore présenté comme un droit utilisable tout au long de la vie ?

Oui. Le ministère du Travail le présente toujours comme un droit individuel à la formation mobilisable tout au long de la vie professionnelle.

Faut-il pour autant rejeter la régulation du CPF ?

Non. Le débat n’est pas « régulation ou liberté ». Il est de savoir ce que nous voulons mesurer, ce que nous voulons financer et quelle conception de la formation nous voulons défendre.

youtubeinstagram
Facebooktwitterlinkedinmail
CPF : le Sénat veut désormais réguler l’offre de formation

CPF : le Sénat veut désormais réguler l’offre de formation

Ah ! on n’en a pas fini avec le CPF. Les Experts Compétences  s’insurgent contre tous ces tripatouillage qui dévoient la nature même du CPF et donc de la formation. 

NOS ARTICLES SUR LE MEME SUJET

  1. CPF : Le sénat veut désormais réguler l’offre formation
  2. Le CPF devient-il un outil de pilotage de l’état ?
  3. Le CPF va-t-il devenir un DIF déguisé ?
  4. CPF et permis de conduire
  5. CPF conditions de prise en charge durcies
  6. CPF Nouvelle réforme qui reconfigure les financements
  7. CPF 2026 : Un plafonnement silencieux
  8. Blocs de compétences et business est-ce compatible ?
  9. Comment se diversifier quand on est CPF ?

Le rapport du Sénat sur la régulation du compte personnel de formation (CPF), présenté en juillet 2026, marque peut-être un changement de logique majeur. Après plusieurs années consacrées principalement à réduire la fraude et à contenir la dépense, le régulateur envisage désormais de s’attaquer à un autre sujet : l’offre de formation elle-même.

Pour les organismes de formation, ce changement de perspective mérite d’être pris très au sérieux.

Car derrière les recommandations du rapporteur spécial Emmanuel Capus se dessine une question beaucoup plus stratégique : quelles formations la puissance publique voudra-t-elle encore financer demain ?

Et la réponse pourrait être très différente de celle qui prévalait depuis la réforme de 2018.

CPF : le Sénat veut désormais réguler l’offre de formation

Le CPF a changé d’échelle depuis 2018

La réforme de 2018 avait profondément transformé le CPF.

Le dispositif est passé d’un système comptabilisé en heures à un système monétisé. L’intermédiation a été fortement réduite avec le développement de Mon Compte Formation, permettant à l’utilisateur d’acheter directement une formation. Les anciennes listes d’éligibilité ont également été supprimées au profit de règles fondées notamment sur les certifications enregistrées au RNCP ou au Répertoire spécifique.

Le résultat a été spectaculaire.

En 2025, le marché comptait 185 517 formations distinctes, pour 3 674 certifications répertoriées.

Dans le même temps, la dépense annuelle liée au CPF s’est installée autour de 2 milliards d’euros, avec 1,815 milliard d’euros engagés par France compétences en 2025.

Autrement dit, le CPF a parfaitement réussi son objectif quantitatif.

Mais c’est précisément ce succès qui commence à poser problème.


 

Le problème n’est plus seulement combien le CPF dépense

C’est probablement l’un des enseignements les plus importants du rapport.

Le Sénat reconnaît que le CPF a réussi à démocratiser l’accès à la formation. Mais il considère désormais que l’efficacité qualitative du dispositif reste beaucoup plus discutable.

Le problème tient notamment à la nature des formations consommées.

En 2025 :

  • les formations préparant à une certification RNCP ne représentent que 17,4 % des formations suivies ;
  • les formations relevant du Répertoire spécifique représentent environ 40 à 47 % selon les années ;
  • les actions non certifiantes représentent 38,1 % des formations suivies ;
  • parmi ces dernières figurent notamment les bilans de compétences et le permis de conduire.

Le raisonnement du rapporteur est donc relativement simple :

Le CPF a permis de financer massivement de la formation, mais le lien entre cette consommation et l’amélioration effective des compétences professionnelles reste insuffisamment démontré.

C’est un changement de regard essentiel pour les OF.


 

Une formation CPF ne sera plus nécessairement considérée comme une bonne formation parce qu’elle est éligible

Voilà probablement le message à retenir.

Pendant plusieurs années, une partie de la stratégie de nombreux organismes a consisté à raisonner principalement autour de l’éligibilité :

Certification → Qualiopi → référencement → CPF → acquisition de clients.

Ce modèle est désormais beaucoup moins confortable.

Le rapport souligne que 57 % seulement des inscrits valident effectivement leur formation. Le taux d’échec serait relativement faible, autour de 7 %, mais les abandons représenteraient environ 35 %. Par ailleurs, une étude de la Dares citée dans le rapport indique que 20 % des utilisateurs du CPF n’avaient aucun objectif professionnel.

Le régulateur commence donc à regarder non seulement l’entrée dans la formation, mais aussi son utilité et son résultat.

C’est une différence considérable.


 

Le coût horaire devient lui aussi un sujet

Le rapport apporte un autre élément particulièrement intéressant pour les dirigeants d’OF : le coût de certaines catégories de formation est mis en regard de leur coût horaire.

Une heure de bilan de compétences coûterait ainsi environ dix fois plus cher qu’une heure de formation préparant à une certification RNCP.

Plus spectaculaire encore : le coût moyen horaire des formations en langues étrangères atteint 176,5 €, soit environ seize fois le coût horaire moyen des formations inscrites au RNCP.

Il faut évidemment éviter d’en tirer la conclusion simpliste selon laquelle une formation chère serait nécessairement mauvaise.

Mais pour un OF, le signal est clair :

la comparaison entre coût, durée, certification, résultat attendu et utilité professionnelle pourrait prendre de plus en plus d’importance.


La fraude est désormais mieux combattue

Le rapport rappelle également le chemin parcouru sur la fraude.

Les pouvoirs publics ont renforcé les contrôles, sécurisé l’accès à Mon Compte Formation avec FranceConnect+, renforcé les sanctions et donné davantage de moyens à la Caisse des dépôts pour déréférencer les offres non conformes.

Le résultat est visible.

Le nombre d’organismes référencés sur la plateforme, qui dépassait 20 000 au début de 2022, est désormais légèrement supérieur à 14 000.

France compétences a également réduit de 35 % le nombre de certifications présentes dans ses répertoires depuis 2021.

Le marché s’est donc déjà considérablement nettoyé.

Mais le Sénat estime que la prochaine étape doit aller plus loin.


Le tournant du rapport : « réguler l’offre »

C’est ici que le document devient véritablement stratégique pour les organismes de formation.

Parmi les six recommandations formulées par le rapporteur figure celle-ci :

« À l’avenir, réguler en priorité l’offre de formation afin d’en améliorer la qualité. »

Cette phrase mérite d’être isolée.

Jusqu’ici, la régulation du CPF s’est principalement exercée sur :

  • les bénéficiaires ;
  • le financement ;
  • le reste à charge ;
  • l’éligibilité de certaines formations ;
  • les plafonds ;
  • la lutte contre la fraude.

Demain, le raisonnement pourrait devenir :

Quelle offre voulons-nous financer ?

C’est un changement de paradigme.


Les mesures financières ont déjà produit près d’un milliard d’euros d’économies

Depuis 2024, plusieurs mécanismes ont été introduits ou renforcés :

1. Le reste à charge

Une participation forfaitaire obligatoire de 100 € est demandée au titulaire du CPF, avec des exemptions notamment pour les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires d’un cofinancement.

2. Des restrictions d’éligibilité

Certaines formations ont perdu leur éligibilité de droit.

3. Des plafonds

Depuis 2026, les droits mobilisables sont notamment plafonnés à :

  • 1 500 € pour les formations du Répertoire spécifique ;
  • 1 600 € pour les bilans de compétences ;
  • 900 € pour certains permis de conduire.

Le rapport estime l’impact cumulé de ces différentes mesures à environ 1 milliard d’euros d’économies.

Le Sénat ne propose donc pas de revenir brutalement en arrière.

Au contraire : il recommande pour l’instant de maintenir ces mesures.


 

Mais attention à l’effet pervers du « low cost »

Voilà un point particulièrement intéressant pour les dirigeants d’OF.

Le plafonnement uniforme des formations du Répertoire spécifique pourrait, selon le rapport, favoriser mécaniquement les formations les moins chères.

Or moins cher ne signifie pas nécessairement meilleur.

Le rapporteur s’inquiète donc du risque de voir apparaître un marché où les organismes seraient incités à réduire les coûts pour entrer dans les plafonds, potentiellement au détriment de la qualité.

C’est un paradoxe classique de la régulation :

à vouloir contrôler le prix, on peut finir par favoriser le moins-disant.

Pour les OF sérieux, cela pourrait paradoxalement devenir une opportunité.


Le véritable changement pourrait venir des abondements

C’est probablement l’autre grande information du rapport.

Le Sénat envisage de développer fortement les abondements volontaires.

Aujourd’hui, France compétences finance environ 91,5 % du coût du CPF depuis le lancement de Mon Compte Formation.

Les titulaires n’en financent directement que 4,5 %, tandis que les cofinanceurs représentent environ 4,1 %.

Le rapport propose donc de changer cette mécanique.

L’idée serait d’utiliser davantage :

  • les entreprises ;
  • les branches professionnelles ;
  • les régions ;
  • l’État ;
  • les fonds privés ;
  • les salariés eux-mêmes.

Pourquoi ?

Parce qu’un cofinancement introduit une forme de sélection.

Une entreprise qui accepte d’investir dans une formation veut généralement que celle-ci réponde à un besoin.

Une branche professionnelle qui abonde un CPF souhaite répondre à un besoin de compétences.

Une région qui finance une formation cherche à répondre à un besoin territorial.

On passerait ainsi progressivement d’un CPF essentiellement individuel et consumériste à un CPF davantage orienté par les besoins économiques et professionnels.


 

Et c’est là que les dirigeants d’OF doivent commencer à réfléchir

Le rapport ne constitue pas encore une nouvelle réglementation générale de l’offre.

Il s’agit d’un rapport et de recommandations.

Mais il fournit un excellent indicateur de la direction possible de la politique publique.

Pour un organisme de formation, il serait donc dangereux de considérer que :

« Si ma formation reste certifiante et Qualiopi, tout ira bien. »

Ce raisonnement pourrait devenir insuffisant.

Le véritable enjeu pourrait demain être :

Pourquoi cette formation doit-elle être financée sur fonds publics ?

Et surtout :

Quelle valeur professionnelle produit-elle réellement ?


 

Ce que nous conseillerions à un dirigeant d’OF pour septembre 2026

C’est ici que nous pouvons transformer le rapport en outil de pilotage.

1. Cartographier son catalogue

Pour chaque formation :

  • certification ;
  • RNCP ou RS ;
  • coût total ;
  • coût horaire ;
  • durée ;
  • taux de remplissage ;
  • taux d’abandon ;
  • taux de réussite ;
  • taux de satisfaction ;
  • débouchés professionnels ;
  • taux de retour à l’emploi lorsqu’il est mesurable.

Le dirigeant doit savoir précisément quelles formations de son catalogue sont réellement défendables dans une logique de financement public.

2. Ne plus vendre uniquement une certification

Une certification est un moyen.

Le financeur comme le stagiaire chercheront de plus en plus probablement à comprendre :

« Qu’est-ce que cette formation va changer pour moi ? »

Un OF qui vend « une certification Excel » est exposé à une comparaison par le prix.

Un OF qui vend une compétence précisément définie, pour une population précisément identifiée, avec un résultat mesurable, possède un argument beaucoup plus solide.

3. Travailler les cofinancements

C’est sans doute le chantier stratégique le plus intéressant.

Si les politiques publiques évoluent vers davantage d’abondements, les organismes capables de travailler avec :

  • les entreprises ;
  • les branches ;
  • les OPCO ;
  • les Régions ;
  • France Travail ;
  • les collectivités ;

pourraient disposer d’un avantage considérable.

Le rapport préconise justement de faciliter et d’encourager ces abondements.

4. Sortir de la dépendance au CPF

C’est peut-être la conclusion la plus importante.

Un organisme dont le modèle économique repose essentiellement sur :

SEO/Google Ads → Mon Compte Formation → inscription CPF

est particulièrement exposé à chaque modification du dispositif.

À l’inverse, un organisme disposant de plusieurs canaux :

entreprises + OPCO + marchés publics + financement individuel + CPF + abondements

est beaucoup plus résilient.


 

Vers une nouvelle sélection des organismes de formation ?

Il faut ici regarder le mouvement sur plusieurs années.

Le CPF de 2018 avait créé une forme de marché extrêmement ouvert.

Le marché a produit une explosion de l’offre.

Puis sont arrivées :

la lutte contre la fraude → Qualiopi → le référencement → le reste à charge → les restrictions → les plafonds → la réduction du nombre d’organismes.

Le rapport du Sénat ajoute potentiellement une nouvelle étape :

la régulation de l’offre elle-même.

Autrement dit, le système pourrait progressivement passer d’une logique :

« Cette formation respecte les conditions d’éligibilité. »

à une logique beaucoup plus exigeante :

« Cette formation répond-elle suffisamment aux besoins de compétences que nous voulons financer ? »

Ce changement serait considérable.


 

Le CPF pourrait devenir un outil de politique économique

C’est finalement la philosophie qui apparaît derrière les recommandations du rapport.

Le Sénat propose, à terme, une véritable politique d’abondement permettant d’orienter les travailleurs vers les compétences jugées stratégiques pour les secteurs professionnels, les territoires et l’économie nationale.

Et lorsque le déficit de France compétences aura été résorbé, le rapporteur envisage même de flécher une partie de ses recettes fiscales vers le financement de ces abondements.

Nous sommes donc potentiellement devant quelque chose de plus important qu’une simple réforme du CPF.

C’est une réflexion sur la manière dont l’argent public doit orienter le marché de la formation.

Pour les dirigeants d’OF, le message est limpide :

la prochaine bataille ne sera peut-être plus seulement celle de l’éligibilité. Elle pourrait être celle de la pertinence.

Et cela change beaucoup de choses dans la construction d’un catalogue de formation.


Ce que les dirigeants d’OF devraient retenir

Le rapport du Sénat ne condamne pas le CPF.

Il reconnaît même que le dispositif a considérablement démocratisé l’accès à la formation.

Mais il considère que son succès quantitatif doit maintenant laisser place à une exigence plus forte sur :

  • la qualité ;
  • l’utilité professionnelle ;
  • le ciblage des compétences ;
  • le coût ;
  • les résultats ;
  • les cofinancements ;
  • l’adéquation avec les besoins des territoires et des secteurs.

Pour les organismes de formation, cela signifie probablement une chose :

la période où il suffisait d’être présent sur le marché CPF est derrière nous.

La prochaine période pourrait être celle où il faudra démontrer pourquoi son offre mérite encore d’être financée.

Et cette évolution commence dès maintenant à avoir une conséquence très concrète : les dirigeants d’OF devraient examiner leur catalogue 2027 non seulement avec les yeux du commercial, mais aussi avec ceux du futur régulateur.

Si cet article vous a plu, vous pouvez suivre les travaux des experts compétences en rejoignant le blog de la formation et vous inscrire à la Newsletter. Les experts compétences accompagnent tous les projets à forte composante numérique autour du Marketing, du Management et de la Formation. Ceci pour des organismes de formation comme pour les entreprises. Pour les contacter, laissez leur un message

Le blog de la formation propose des rubriques comme :

MOTS CLÉS 

  • rapport Sénat CPF 2026
  • régulation compte personnel de formation
  • CPF organismes de formation
  • avenir du CPF
  • réforme CPF 2026
  • financement formation professionnelle
  • abondement CPF
  • cofinancement CPF
  • France compétences
  • Mon Compte Formation
  • offre de formation CPF
  • Qualiopi CPF
  • Répertoire spécifique CPF
  • RNCP CPF
  • organismes de formation 2026

 

SOURCES

  • Sénat — Rapport sur la régulation du compte personnel de formation, Emmanuel Capus, juillet 2026, document source de cet article.
  • Dares — « Quels sont les usages du compte personnel de formation ? », février 2023, cité dans le rapport du Sénat.
  • France compétences, données relatives aux dépenses CPF, aux certifications, aux coûts et aux contrôles, reprises dans le rapport.
  •  

Mini FAQ : CPF : le Sénat veut désormais réguler l’offre de formation

Le Sénat veut-il supprimer le CPF ?

Non. Le rapport propose au contraire de maintenir les principales mesures de régulation actuelles et de faire évoluer le dispositif vers davantage de cofinancements et d’orientation des dépenses.

Le Sénat veut-il supprimer les formations du Répertoire spécifique ?

Non. Mais le rapport s’interroge sur leur coût, leur qualité et les effets du plafonnement uniforme qui leur est appliqué.

Qualiopi suffira-t-il demain pour vendre avec le CPF ?

Qualiopi reste une condition importante pour accéder aux fonds publics, mais le rapport montre que la réflexion se déplace désormais vers la qualité et la pertinence de l’offre.

Qu’est-ce qu’un abondement CPF ?

C’est un financement complémentaire venant s’ajouter aux droits CPF du bénéficiaire. Le rapport souhaite précisément développer ce mécanisme en associant davantage entreprises, branches, Régions et État.

Pourquoi ce rapport est-il important pour les OF ?

Parce qu’il ouvre explicitement la possibilité d’une régulation future de l’offre de formation, et non plus seulement du financement et des bénéficiaires. C’est potentiellement un changement majeur de modèle pour le marché CPF.

youtubeinstagram
Facebooktwitterlinkedinmail
La formation la plus difficile à vendre en 2026-27

La formation la plus difficile à vendre en 2026-27

Les Experts Compétences  redisent ‘en En 2026, le problème de nombreux organismes de formation n’est peut-être plus seulement de trouver des prospects. C’est de leur donner une raison de choisir leur formation plutôt que celle du concurrent.

NOS ARTICLES SUR LE MEME SUJET

  1. La formation la plus difficile à vendre en 2026-27
  2. Vendre des formations ? Quand les clients cherchent des solutions
  3. Comprendre les RH pour vendre des formations
  4. Utiliser les financements pour vendre vos formations Qualiopi
  5. Vendre la pédagogie ou la performance ?
  6. Faut-il vraiment se spécialiser ?
  7. Vendre une transformation plutôt qu’une formation
  8. Les signaux qui annoncent une transformation de la FPC
  9. 7 stratégies qui permettront la prospérité dans les 10 prochaines années

« Formation Excel – CPF – Qualiopi – En ligne – 7 heures »

Le problème de cette offre n’est pas qu’elle soit mauvaise.

Le problème est qu’elle est interchangeable.

Et dans un marché où l’acheteur peut comparer rapidement plusieurs organismes, l’interchangeabilité est une faiblesse commerciale majeure.

Pour un organisme de formation qui prépare son activité de septembre et son quatrième trimestre, la question mérite donc d’être posée maintenant :

Votre formation est-elle réellement différente, ou avez-vous simplement une version supplémentaire de ce qui existe déjà ?

La formation la plus difficile à vendre en 2026-27

Le marché ne manque pas de formations. Il manque parfois de raisons de les choisir.

Pendant longtemps, certains organismes ont pu raisonner de manière relativement simple :

  1. identifier une demande ;
  2. construire une formation ;
  3. obtenir les certifications nécessaires ;
  4. la référencer ;
  5. investir dans l’acquisition ;
  6. attendre les inscriptions.

Ce modèle devient beaucoup plus fragile lorsque plusieurs organismes proposent pratiquement la même chose.

Prenons une formation bureautique.

Un catalogue peut présenter :

« Excel – initiation et perfectionnement – 7 heures – à distance – CPF – certification – Qualiopi ».

Un autre proposera :

« Formation Excel professionnelle – 7 heures – en ligne – certification – Qualiopi ».

Puis un troisième.

Puis un quatrième.

Du point de vue du client, la question devient alors extrêmement simple :

« Quelle est la différence ? »

Et si la réponse est difficile à trouver, le client finit naturellement par comparer ce qui reste facilement comparable :

  • le prix ;
  • la durée ;
  • les avis ;
  • les dates ;
  • la proximité ;
  • éventuellement la notoriété de l’organisme.

Le portail Mon Compte Formation lui-même permet aujourd’hui de filtrer les offres selon différents critères, notamment le prix, les dates, les modalités, la distance, l’organisme et les évaluations.

Autrement dit : plus l’offre est générique, plus elle entre facilement dans une comparaison standardisée.

Et c’est précisément là que le problème commence.


 

Google Ads ne peut pas réparer une offre interchangeable

C’est probablement l’un des pièges les plus coûteux.

Un organisme constate que ses inscriptions ralentissent.

Il décide alors :

« Il faut faire davantage de publicité. »

Il lance Google Ads.

Les clics arrivent.

Le budget augmente.

Les prospects arrivent sur la page.

Et pourtant les inscriptions ne décollent pas.

On modifie alors :

  • les mots-clés ;
  • les annonces ;
  • les enchères ;
  • les landing pages ;
  • les audiences ;
  • les extensions ;
  • le budget.

Mais il existe un problème que l’optimisation publicitaire ne peut pas résoudre :

si votre offre ressemble à celle de quinze concurrents, la publicité ne fait que vous amener plus rapidement dans la comparaison.

C’est une distinction essentielle.

Le problème peut être dans la campagne.

Mais il peut aussi être en amont de la campagne : dans le positionnement de l’offre.

Si un prospect tape :

formation Excel CPF

et découvre dix offres dont les promesses, les formats et les résultats semblent identiques, votre campagne a parfaitement fait son travail.

Elle vous a amené le prospect.

C’est ensuite l’offre qui doit le convaincre.


 

Qualiopi n’est pas un argument de différenciation

C’est probablement l’un des réflexes que les dirigeants d’OF doivent abandonner.

« Nous sommes certifiés Qualiopi. »

Très bien.

Mais combien de vos concurrents le sont également ?

Pour les organismes qui souhaitent être référencés sur Mon Compte Formation dans les catégories concernées, la certification Qualiopi fait partie des conditions de référencement.

Elle constitue donc un élément de conformité et de confiance.

Elle ne constitue pas nécessairement une raison suffisante pour choisir votre organisme.

C’est une nuance considérable.

Dire :

« Nous sommes Qualiopi »

revient souvent à dire :

« Nous remplissons les conditions nécessaires pour être là. »

Cela ne répond pas encore à la question :

« Pourquoi vous plutôt qu’un autre ? »


 

La certification ne doit pas être la promesse

Autre confusion fréquente.

L’organisme présente sa formation à travers :

  • le nom de la certification ;
  • le nombre d’heures ;
  • les modalités ;
  • les objectifs pédagogiques ;
  • le programme ;
  • le financement CPF.

Tout cela est nécessaire.

Mais nécessaire ne veut pas dire différenciant.

Le candidat ne se réveille pas nécessairement un lundi matin en se disant :

« J’ai absolument besoin d’un certificat RS machin. »

Il peut en revanche se dire :

« Je perds deux heures par semaine à construire mes tableaux Excel. »

Ou :

« Je suis responsable administratif et mes tableaux sont devenus ingérables. »

Ou encore :

« Je viens de prendre un poste de responsable commercial et je dois maîtriser les tableaux de suivi de mon équipe. »

Voilà où apparaît une possibilité de positionnement.


 

Le passage essentiel : vendre un résultat, pas seulement une formation

Une formation générique dit :

Formation Excel – 7 heures.

Une formation positionnée pourrait dire :

Construire en une journée un tableau de pilotage commercial automatisé pour son équipe.

La compétence n’est plus présentée de la même façon.

Le produit pédagogique peut être proche.

La perception commerciale est totalement différente.

Même logique avec Word :

« Maîtriser Word »

devient :

« Produire des documents professionnels normalisés sans perdre du temps sur leur mise en page ».

Avec PowerPoint :

« Apprendre PowerPoint »

devient :

« Construire une présentation commerciale de 20 diapositives prête à présenter à un client ».

Avec l’IA :

« Formation ChatGPT »

devient :

« Automatiser cinq tâches administratives répétitives avec l’IA sans exposer les données sensibles de l’entreprise ».

La différence est importante :

on ne vend plus seulement un contenu pédagogique. On vend une transformation identifiable.


 

Première règle pour septembre : arrêter de vouloir parler à tout le monde

L’une des phrases les plus dangereuses dans le marketing d’une formation est :

« Cette formation s’adresse à tous les professionnels. »

Non.

Elle s’adresse probablement à quelqu’un en particulier.

Et plus cette personne est clairement identifiée, plus l’organisme peut construire une proposition pertinente.

Par exemple :

Mauvais ciblage

Formation Excel pour tous les professionnels.

Ciblage déjà meilleur

Excel pour les assistants administratifs.

Ciblage beaucoup plus intéressant

Excel pour les assistants administratifs qui doivent produire chaque semaine des tableaux de suivi pour leur direction.

On peut encore aller plus loin :

Excel – 1 journée pour construire son tableau de suivi administratif sans repartir d’un fichier vierge chaque semaine.

Nous avons alors :

  • une cible ;
  • une situation ;
  • un problème ;
  • un résultat ;
  • une promesse.

C’est beaucoup plus exploitable commercialement.


 

Deuxième règle : chercher le problème avant de chercher le programme

Les organismes de formation commencent souvent par leur expertise :

« Nous savons former à Excel. »

Le client, lui, part rarement de là.

Il part de son problème.

Quel travail veut-il mieux réaliser ?

Quelle difficulté veut-il supprimer ?

Quel temps veut-il gagner ?

Quelle erreur veut-il éviter ?

Quelle responsabilité veut-il pouvoir assumer ?

Cette inversion du raisonnement est fondamentale.

Au lieu de partir de :

« Qu’allons-nous enseigner ? »

commençons par :

« Qu’est-ce que notre client doit être capable de faire à la sortie ? »

Puis :

« Qu’est-ce qui l’empêche aujourd’hui de le faire ? »

Et seulement ensuite :

« Quelles compétences devons-nous lui transmettre ? »


 

Troisième règle : créer des offres que l’on peut reconnaître en trois secondes

C’est particulièrement important pour les pages d’atterrissage et les campagnes publicitaires.

Un prospect doit comprendre rapidement :

Pour qui ?

Pour quel problème ?

Pour quel résultat ?

Une accroche comme :

Formation Excel CPF en ligne – certification incluse

est parfaitement compréhensible.

Mais elle ne raconte pas grand-chose.

À l’inverse :

Vous passez encore chaque semaine plusieurs heures à mettre à jour vos tableaux de suivi ? Apprenez à construire un tableau de pilotage automatisé en une journée.

Le prospect peut immédiatement se reconnaître.

Et c’est précisément ce que doit produire un bon positionnement :

de la reconnaissance avant même la comparaison.


 

Quatrième règle : ne pas confondre différenciation et gadget marketing

Attention toutefois.

Changer le nom d’une formation ne suffit pas.

Ajouter une couleur différente sur la page non plus.

Créer un nom extravagant sans modifier réellement la proposition de valeur est une fausse différenciation.

Le positionnement doit être soutenu par l’expérience de formation.

Si vous promettez :

« Construire son tableau de pilotage commercial en une journée »

il faut réellement que le stagiaire reparte avec ce tableau.

Et idéalement avec :

  • son propre fichier ;
  • ses propres données ou un cas proche de son activité ;
  • une méthode réutilisable ;
  • une capacité mesurable ;
  • une production concrète.

C’est là que la promesse devient crédible.


 

Cinquième règle : exploiter ce que le catalogue permet réellement de montrer

La question est d’autant plus importante sur Mon Compte Formation.

La plateforme demande aux organismes de rendre accessibles de nombreuses informations : intitulé, objectifs, contenu, durée, modalités, public, prérequis, évaluations, certification, prix, etc.

Le moteur de recherche fonctionne notamment à partir des mots-clés saisis par l’utilisateur, des modalités et de la localisation, tandis que les utilisateurs disposent ensuite de filtres permettant d’affiner les résultats.

Cela signifie qu’un organisme ne peut évidemment pas abandonner les fondamentaux du référencement de son offre.

Mais optimiser un intitulé ne signifie pas le rendre identique à tous les autres.

C’est justement l’équilibre à rechercher :

être trouvable sans devenir interchangeable.


 

Et si le problème venait de votre catalogue ?

C’est probablement l’exercice que je conseillerais aux dirigeants d’OF de réaliser avant septembre.

Prenez vos 10 formations les plus importantes.

Pour chacune, écrivez sur une feuille :

QuestionRéponse
Qui achète cette formation ? 
Quel problème concret cherche-t-il à résoudre ? 
Quel résultat peut-il obtenir ? 
Comment ce résultat est-il mesuré ? 
Qu’est-ce qui rend notre approche différente ? 
Pourquoi nous plutôt qu’un concurrent ? 
Quelle preuve avons-nous ? 

Et voici le test le plus intéressant.

Cachez le logo de votre organisme.

Montrez ensuite la page à quelqu’un.

Demandez-lui :

« Pourquoi choisirais-tu cette formation plutôt qu’une autre ? »

Si la réponse est :

« Parce qu’elle est Qualiopi. »

ou :

« Parce qu’elle est en ligne. »

ou :

« Parce qu’elle prépare à une certification. »

il faut probablement reprendre le positionnement.


 

Le vrai avantage concurrentiel peut être beaucoup plus petit qu’on ne le pense

Un organisme n’a pas nécessairement besoin d’inventer une formation révolutionnaire.

Parfois, un angle suffit.

  • Une cible.
  • Un métier.
  • Un problème particulier.
  • Une méthode.
  • Un livrable.
  • Un accompagnement.
  • Une modalité.
  • Une expertise sectorielle.
  • Un formateur particulièrement reconnu.
  • Une expérience de terrain.

Ou simplement une manière différente de nommer et présenter la même compétence.

La différenciation n’est pas forcément dans le contenu.

Elle peut être dans la façon dont le contenu répond à un problème précis.


 

Le bon réflexe pour septembre : ne pas augmenter immédiatement le budget

C’est probablement la recommandation la plus importante de cet article.

Lorsqu’une formation se vend mal, la réaction naturelle est :

« Il faut davantage de prospects. »

Avant d’acheter davantage de trafic, posons trois questions :

1. Mon offre est-elle identifiable ?

Est-ce qu’un prospect comprend immédiatement à qui elle s’adresse ?

2. Ma promesse est-elle concrète ?

Est-ce que je promets un résultat ou simplement un programme ?

3. Ai-je une raison crédible d’être choisi ?

Si la réponse aux trois questions est « oui », alors l’acquisition mérite d’être travaillée.

Si la réponse est « non », augmenter le budget publicitaire risque simplement d’augmenter le coût du problème.


 

Le mois de septembre doit être un mois de repositionnement

Pour beaucoup d’organismes, septembre représente traditionnellement une période importante de reprise.

Mais le réflexe ne devrait pas être uniquement :

« Quelles campagnes allons-nous relancer ? »

Il devrait être :

« Quelles offres voulons-nous réellement vendre au quatrième trimestre ? »

Puis :

  1. identifier les formations les plus concurrentielles ;
  2. mesurer leur taux de transformation ;
  3. analyser les concurrents directs ;
  4. identifier les segments les plus intéressants ;
  5. reformuler les promesses ;
  6. créer des pages réellement différenciées ;
  7. seulement ensuite relancer ou augmenter l’acquisition.

C’est un changement de séquence.

Positionnement → offre → preuve → page → acquisition.

Et non :

publicité → trafic → comparaison → baisse du prix.


 

La question que chaque dirigeant d’OF devrait se poser avant septembre

Elle tient en une phrase :

« Pourquoi un stagiaire nous choisirait-il plutôt que les trois autres formations qu’il vient de consulter ? »

Si la réponse est :

« Parce que nous sommes sérieux. »

Tout le monde l’est.

« Parce que nous sommes Qualiopi. »

Les autres organismes référencés dans les conditions concernées le sont également.

« Parce que notre formateur est compétent. »

Il faut le prouver.

« Parce que nous sommes moins chers. »

Vous venez d’abandonner votre positionnement au profit du prix.

En revanche, si la réponse devient :

« Parce que cette formation est spécifiquement conçue pour les responsables administratifs qui doivent construire eux-mêmes leur tableau de pilotage mensuel, et qu’ils repartent avec leur propre outil opérationnel. »

Alors quelque chose commence à se passer.

L’offre devient identifiable.

Et lorsqu’une offre devient identifiable, elle devient beaucoup plus difficile à comparer uniquement sur son prix.


 

Donc : en 2026, le problème n’est peut-être plus de créer une formation

Le marché français de la formation reste soumis à une forte normalisation des offres, des certifications, des modalités de financement et de la comparaison entre organismes.

Dans le même temps, les règles du CPF ont encore évolué en 2026 : plafonnement de certaines mobilisations, nouvelles conditions d’éligibilité et participation financière obligatoire portée à 150 € depuis le 2 avril 2026.

Dans cet environnement, ajouter une formation supplémentaire au catalogue n’est pas nécessairement une stratégie de croissance.

La véritable question est devenue :

« Quelle place voulons-nous occuper dans la tête du client ? »

Une formation générique oblige l’organisme à entrer dans la comparaison.

Une formation clairement positionnée donne au client une raison de ne pas comparer uniquement le prix.

C’est peut-être finalement l’une des décisions les plus importantes à prendre avant septembre :

ne pas chercher à être un organisme de formation de plus.

Chercher à devenir l’organisme évident pour un besoin précis.

Si cet article vous a plu, vous pouvez suivre les travaux des experts compétences en rejoignant le blog de la formation et vous inscrire à la Newsletter. Les experts compétences accompagnent tous les projets à forte composante numérique autour du Marketing, du Management et de la Formation. Ceci pour des organismes de formation comme pour les entreprises. Pour les contacter, laissez leur un message

Le blog de la formation propose des rubriques comme :

MOTS CLÉS 

  • vendre une formation en 2026
  • organisme de formation
  • stratégie commerciale organisme de formation
  • marketing formation professionnelle
  • différenciation organisme de formation
  • concurrence organismes de formation
  • vendre une formation CPF
  • formation CPF
  • stratégie commerciale OF
  • acquisition clients organisme de formation
  • Google Ads formation
  • Qualiopi
  • Mon Compte Formation
  • référencement formation CPF
  • catalogue formation
  •  

Mini FAQ : La formation la plus difficile à vendre en 2026-27

Une formation doit-elle forcément être totalement nouvelle pour être différenciante ?

Non. La différenciation peut venir de la cible, du problème traité, du résultat attendu, de la méthode pédagogique, du livrable ou de l’expertise sectorielle.

Qualiopi peut-elle servir d’argument commercial ?

Oui, comme élément de réassurance et de conformité. Mais elle constitue rarement, à elle seule, un avantage concurrentiel fort puisque les organismes concernés par le référencement CPF doivent notamment satisfaire aux exigences de qualité applicables.

Faut-il arrêter Google Ads si la formation est difficile à vendre ?

Pas nécessairement. Il faut d’abord déterminer si le problème vient de l’acquisition ou de l’offre. Une campagne peut générer des clics correctement tout en envoyant les prospects vers une proposition trop générique.

Comment savoir si une formation est mal positionnée ?

Demandez à un prospect : « Pourquoi choisiriez-vous cette formation plutôt qu’une autre ? » Si la réponse repose uniquement sur le prix, la certification, la durée ou le sérieux de l’organisme, le positionnement mérite probablement d’être retravaillé.

Faut-il modifier toutes les formations du catalogue ?

Non. Il est souvent plus efficace de commencer par les formations qui représentent le plus fort potentiel commercial mais qui évoluent dans un univers très concurrentiel.

youtubeinstagram
Facebooktwitterlinkedinmail
Certifications professionnelles : Que dit le rapport du MEDEF ?

Certifications professionnelles : Que dit le rapport du MEDEF ?

Les Experts Compétences  vous vous en doutez ot participé au lancement des Titres Professionnels au tout début des années 2000. Ce fut une grande avancée économique pour les organismes de formation qui se sont lancés dans des formations longues et diplômantes. 25 ans après, que dit le MEDEF ?

 

NOS ARTICLES SUR LE MEME SUJET

  1. Cetifications Professionnelles : Que dit le Medef ?
  2. Certification professionnelle tout ce que vous devez savoir.
  3. Renforcement du contrôle qualité des certifications professonnels
  4. France Compétences durcit son rôle de régulateur en ce qui concerne les certifcations professionnelles
  5. Certifications : A quoi servent les blocs de compétences ?
  6. Le développement des compétences
  7. Innovation dans la gestion des compétences
  8. Cartographie des compétences, qu’est-ce que c’est ?
  9. Cartographie des compétences, qui l’utilise ?
  10. CPF Nouvelle réforme qui reconfigure les financements

Le système français de certification professionnelle est en train de se transformer en profondeur. À travers son rapport, le MEDEF met en lumière une tension devenue centrale pour les acteurs de la formation continue : d’un côté, la volonté de garantir des certifications fiables, lisibles et conformes aux exigences publiques ; de l’autre, le risque de voir le dispositif se rigidifier au point de s’éloigner de sa finalité première, à savoir répondre aux besoins en compétences des entreprises et sécuriser les parcours professionnels.Medef.pdf

Pour les organismes de formation, les branches professionnelles, les financeurs, les certificateurs et les responsables formation, ce rapport est précieux car il aide à comprendre ce qui se joue derrière les sigles RNCP, RS, CQP, TFP ou encore CPC/CPNEFP. Il ne s’agit pas seulement d’un débat technique. C’est un sujet qui touche directement à l’accès aux financements, à l’apprentissage, à la reconnaissance des compétences et à la capacité du système à rester lisible pour les entreprises comme pour les candidats.Medef.pdf

Le rapport insiste sur un point clé : les certifications de branche ne sont pas un simple outil administratif. Elles sont un levier de qualification, d’insertion et d’adaptation aux métiers en tension. Mais le durcissement des règles d’enregistrement, la montée des exigences documentaires et le suivi renforcé après enregistrement modifient profondément la manière dont les acteurs doivent construire, faire vivre et faire reconnaître leurs certifications.

Certifications professionnelles : Que dit le rapport du MEDEF ?

Ce que dit le rapport

Le rapport du MEDEF part d’un constat assez clair : la certification professionnelle joue un rôle majeur dans le modèle français, car elle structure la reconnaissance des compétences, la mobilité professionnelle et la lisibilité des qualifications sur le marché du travail. Le rapport rappelle que les certifications doivent avant tout traduire les besoins réels des employeurs et des métiers, et non devenir un instrument dominé par la seule logique de conformité administrative.

L’un des messages les plus forts du document est la critique d’une évolution du système vers une charge administrative de plus en plus lourde. Le MEDEF estime que les règles d’enregistrement et de suivi ont été progressivement renforcées pour répondre à des enjeux de contrôle, de lutte contre la fraude et de régulation des financements, mais qu’elles finissent parfois par éloigner les certifications de leur objectif initial : certifier des compétences réellement utiles à l’emploi.

Le rapport souligne aussi que le système de certification est devenu très complexe, avec une multiplicité de catégories, de répertoires et de statuts. Pour les professionnels de la formation, cela signifie qu’il faut non seulement comprendre le contenu d’une certification, mais aussi son positionnement institutionnel, son niveau, son répertoire d’inscription et ses conséquences en matière d’éligibilité au financement et à l’apprentissage.

 

Les points clés

1. Le rôle central des certifications de branche

Le MEDEF présente les certifications de branche comme un maillon essentiel du système. Elles sont construites au plus près des réalités de terrain, avec une lecture métier fine, souvent en lien avec les branches professionnelles et leurs observatoires. Elles permettent notamment à des publics peu ou pas qualifiés d’accéder à une première certification reconnue et à des salariés en poste d’évoluer ou de se reconvertir.

Le rapport insiste sur un point important : ces certifications répondent souvent à des métiers de niche ou à des besoins spécialisés que les diplômes généraux couvrent mal. Autrement dit, elles jouent un rôle de souplesse et d’adaptation que le système classique des diplômes ne peut pas toujours assurer seul.

2. Le poids croissant de la conformité

Le rapport décrit une inflation administrative qui pèse sur les certificateurs de branche. La constitution des dossiers d’enregistrement, le suivi des cohortes, la justification des référentiels, les habilitations, les renouvellements et les contrôles successifs mobilisent du temps, des compétences et des moyens financiers importants. Le MEDEF estime que cela peut conduire les branches à arbitrer entre maintien de certaines certifications et capacité à financer l’ingénierie nécessaire.

C’est un point crucial pour les professionnels de la formation : plus le système devient lourd, plus il risque de favoriser les grandes structures capables d’absorber cette charge. Les petites branches ou les certifications à faible volume peuvent alors être fragilisées, voire disparaître des répertoires officiels malgré leur utilité réelle sur le terrain.

3. CQP, TFP et apprentissage

Le rapport insiste sur le basculement observé entre les CQP et les TFP. Les CQP restent très présents, mais un nombre croissant de branches transforme certaines certifications en titres à finalité professionnelle pour gagner en lisibilité ou pour les rendre éligibles à l’apprentissage.

Cette transformation n’est pas neutre. Elle traduit une contrainte réglementaire autant qu’un choix stratégique. Le rapport donne l’exemple de certifications de branche qui changent d’appellation ou de statut non parce que leur finalité métier a changé, mais parce que le cadre de financement l’exige. Pour les acteurs de terrain, cela peut créer de la confusion : une certification peut rester identique dans son contenu mais changer de catégorie administrative.

4. La logique d’insertion professionnelle

Le MEDEF met en avant des taux d’insertion élevés pour de nombreuses certifications de branche. Le rapport indique que ces certifications ont souvent une utilité immédiate pour l’emploi, avec des profils de certifiés majoritairement jeunes, mais pas uniquement, et avec une forte présence de publics peu qualifiés.

Le message sous-jacent est important : le système de certification ne devrait pas être évalué uniquement à travers des indicateurs administratifs ou de conformité, mais aussi selon sa capacité réelle à favoriser l’insertion, la progression salariale, la mobilité et la sécurisation des parcours.

Pourquoi ce rapport compte pour la formation

Pour les professionnels de la formation continue, ce rapport est utile à trois niveaux.

D’abord, il aide à comprendre le paysage de la certification professionnelle. Beaucoup d’acteurs connaissent les sigles, mais pas toujours la logique d’ensemble. Le document rappelle que les certifications ne sont pas interchangeables : RNCP, RS, CQP, TFP, diplômes et titres ministériels ne répondent pas aux mêmes logiques ni aux mêmes usages.

 

Ensuite, il donne des repères sur l’avenir du système. Le rapport laisse entendre que la tendance est à la fois à la consolidation des exigences et à la tension sur les petits dispositifs. Cela veut dire que les organismes de formation doivent anticiper des contraintes plus fortes sur l’habilitation, le suivi des apprenants, les preuves de qualité et la cohérence des référentiels.

Enfin, il invite les professionnels à penser les certifications non comme des “produits” administratifs, mais comme des outils de professionnalisation. C’est une nuance importante pour la conception de parcours, la relation avec les entreprises et le développement d’offres de formation adaptées aux réalités sectorielles.

 

Ce qu’il faut retenir

Le rapport du MEDEF défend une vision claire : la certification doit rester un outil au service des métiers, des compétences et de l’emploi. Il critique une dérive possible vers un système trop centré sur le contrôle, la conformité et la charge documentaire.

Pour les acteurs de la formation professionnelle continue, la leçon est double. D’une part, il faut maîtriser les catégories et les règles du paysage certifiant. D’autre part, il faut garder en tête que l’enjeu principal reste l’utilité réelle de la certification pour les entreprises, les salariés et les candidats.

En pratique, ce rapport invite les organismes de formation et les branches à se poser une question simple : la certification que nous construisons facilite-t-elle vraiment l’accès à l’emploi, l’évolution des compétences et la reconnaissance professionnelle, ou se contente-t-elle de satisfaire une architecture administrative toujours plus complexe ?

Si cet article vous a plu, vous pouvez suivre les travaux des experts compétences en rejoignant le blog de la formation et vous inscrire à la Newsletter. Les experts compétences accompagnent tous les projets à forte composante numérique autour du Marketing, du Management et de la Formation. Ceci pour des organismes de formation comme pour les entreprises. Pour les contacter, laissez leur un message

Le blog de la formation propose des rubriques comme :

MOTS CLÉS 

  • certification professionnelle

  • formation professionnelle continue

  • rapport MEDEF certifications

  • CQP

  • TFP

  • RNCP

  • branches professionnelles

  • compétences métiers

  • qualité de la formation

  • réforme certification professionnelle

 

SOURCES

  • Medef 07 26 Un atout pour l’emploi, un système sous pression

Mini FAQ : Certifications professionnelles : Que dit le rapport du MEDEF ?

Qu’est-ce qu’une certification de branche ?

C’est une certification portée par une branche professionnelle, conçue à partir des besoins métiers et des compétences attendues dans un secteur donné.

Pourquoi le MEDEF critique-t-il le système actuel ?

Parce qu’il estime que le système s’est trop orienté vers la conformité administrative et pas assez vers la réponse aux besoins de compétences de l’économie.

Quelle est la différence entre CQP et TFP ?

Le CQP est une certification créée par une branche, tandis que le TFP est un titre à finalité professionnelle reconnu dans un cadre plus directement éligible à certains dispositifs, notamment l’apprentissage. Le rapport montre que des branches transforment certains CQP en TFP pour des raisons de financement et d’accès aux publics.

Pourquoi parle-t-on autant du RNCP ?

Parce que le RNCP conditionne une grande partie de la reconnaissance publique et de l’éligibilité à certains financements des certifications.

Ce rapport concerne-t-il les organismes de formation ?

Oui, directement. Il impacte la conception des parcours, le choix des certifications, l’habilitation, l’organisation des jurys et la manière de démontrer la qualité des formations.

youtubeinstagram
Facebooktwitterlinkedinmail
OF : octobre 2026, les grands changements opérationnels

OF : octobre 2026, les grands changements opérationnels

Les Experts Compétences on toujours été sourcilleux des relations entre OF et Opco. A force d’empiler les réformes, il est difficile d’y voir clair. C’est ce que tentent de faire nos Experts Compétences qui alertent sur la révolution d’Octobre

NOS ARTICLES SUR LE MEME SUJET

    1. OF : octobre 2026, les grands changements opérationnels
    2. Opco les règles vont changer pour les OF
    3. Fin de la subrogation Opco : un bouleversement ?
    4. Faut-il supprimer les Opco ?
    5. Comment nouer des partenariats avec les Opco ?
    6. Nouer des relations avec les Opco : Exemples 
    7. OF vs OPCO : décalages et malentendus
    8. Ce que les Opco attendent (vraiment) des OF
    9. Quand Opco et OF parlent (enfin) la même langue
    10. Comment les Opco vont contraindre les OF à s’adapter

Le 1er octobre 2026 pourrait constituer l’un des plus importants changements opérationnels de ces dernières années dans le financement de la formation professionnelle. Derrière le terme désormais largement utilisé de « fin de la subrogation » se cache en réalité une réforme fiscale plus complexe : l’évolution du régime de TVA applicable aux OPCO modifie progressivement les circuits de facturation, de paiement et de remboursement des formations.

Pour les organismes de formation, le sujet est loin d’être théorique.

Dans de nombreux dossiers, l’OF ne facturera plus directement l’OPCO. Il devra facturer l’entreprise, tandis que celle-ci pourra devoir régler la formation puis demander son remboursement à son opérateur de compétences.

Cela signifie potentiellement davantage de travail administratif, de nouveaux réflexes de facturation, un risque accru d’impayés et surtout une question essentielle : qui va supporter l’avance de trésorerie ?

Et contrairement à ce que laissent entendre certaines présentations trop simplificatrices, il n’existe pas un modèle unique applicable aux onze OPCO.

 

OF : octobre 2026, les grands changements opérationnels

TVA des OPCO : pourquoi le système est-il en train de changer ?

Le point de départ est fiscal.

La Direction de la législation fiscale (DLF) a considéré, dans deux prises de position fiscales intervenues fin 2025 et début 2026, que certaines activités exercées par les OPCO constituaient des prestations de services entrant dans le champ de la TVA.

Centre Inffo rapporte notamment que cette analyse concerne les services rendus à France compétences, certains services aux cofinanceurs et certains frais de gestion liés aux versements conventionnels ou volontaires.

Cette évolution fiscale a une conséquence importante : elle oblige les OPCO à revoir certains circuits dans lesquels ils intervenaient directement dans le paiement des organismes de formation.

C’est là que la question de la subrogation apparaît.

Attention à une confusion importante

Il serait trop simple d’écrire :

« Le 1er octobre 2026, la loi supprime la subrogation des OPCO. »

Ce n’est pas exactement ce qui se passe.

La subrogation n’est pas supprimée en tant que mécanisme juridique par une nouvelle disposition générale du Code du travail.

En revanche, les conséquences fiscales de la nouvelle situation conduisent plusieurs OPCO à abandonner ou à limiter fortement la subrogation sur certains dispositifs.

La différence n’est pas seulement sémantique.

Elle explique pourquoi les règles peuvent être différentes d’un OPCO à l’autre.


 

Le fonctionnement historique : l’OPCO paie directement l’organisme de formation

Jusqu’à présent, dans de nombreuses situations, le fonctionnement était relativement simple.

L’entreprise souhaitait former un salarié.

Elle déposait une demande de prise en charge auprès de son OPCO.

Après accord, l’organisme de formation réalisait la prestation et pouvait facturer directement l’OPCO lorsque la subrogation avait été accordée.

Le circuit financier était donc :

Entreprise → OPCO → organisme de formation

Pour l’entreprise, l’avantage était évident : elle n’avait généralement pas à avancer la totalité du prix de la formation.

Pour l’OF, la situation présentait également un intérêt commercial important.

Une prise en charge avec subrogation pouvait être présentée au client comme un dispositif permettant de suivre une formation sans avancer immédiatement son coût.

Ce fonctionnement est précisément celui qui est aujourd’hui remis en question dans de nombreux cas.


 

Le nouveau circuit : l’entreprise pourrait devoir payer avant d’être remboursée

À partir du 1er octobre 2026, pour les dossiers concernés par les nouvelles modalités, le circuit pourra devenir :

Entreprise → organisme de formation → OPCO

L’OF facture directement l’entreprise.

L’entreprise règle la facture.

Elle adresse ensuite sa demande de remboursement à l’OPCO.

L’OPCO rembourse alors la partie correspondant à la prise en charge prévue.

Dans plusieurs communications officielles, le remboursement est présenté sur une base hors taxes, tandis que l’entreprise règle initialement la facture TTC.

C’est notamment le schéma officiellement présenté par Opco EP pour les dossiers concernés : l’entreprise règle la facture TTC à l’organisme puis l’OPCO rembourse les frais de formation HT dans la limite des conditions de prise en charge.

Atlas communique également sur ce nouveau fonctionnement pour la majorité des dossiers concernés à partir du 1er octobre.


 

Le véritable problème pour l’entreprise : la trésorerie

C’est probablement l’un des effets les plus importants de la réforme.

Prenons un exemple simple.

Une entreprise commande une formation :

Prix HT : 2 000 €

TVA : 400 €

Prix TTC : 2 400 €

Dans l’ancien fonctionnement avec subrogation, l’entreprise pouvait ne pas avoir à avancer la somme prise en charge par l’OPCO.

Dans le nouveau fonctionnement, elle peut devoir régler :

2 400 € à l’organisme de formation

puis attendre le remboursement de l’OPCO.

Si l’OPCO rembourse 2 000 €, l’entreprise devra ensuite traiter fiscalement les 400 € de TVA selon son propre régime.

Pour une entreprise qui récupère intégralement la TVA

Le coût économique final peut rester relativement proche de l’ancien système.

Mais la trésorerie aura dû supporter temporairement les 2 400 €.

Pour une entreprise qui ne récupère pas la TVA

La situation est beaucoup plus sensible.

La TVA peut devenir un véritable coût supplémentaire.

C’est pourquoi les entreprises doivent désormais poser une question à leur direction financière :

« Quelle part de la TVA sur nos dépenses de formation pouvons-nous réellement récupérer ? »

Il serait donc erroné d’affirmer que la réforme augmente automatiquement de 20 % le prix de toutes les formations.

En revanche, elle peut modifier fortement le besoin de trésorerie et le coût réel pour certaines entreprises.


Pour les organismes de formation, le changement est encore plus important qu’il n’y paraît

C’est probablement ici que se trouve le véritable sujet pour les dirigeants d’OF.

Jusqu’à présent, certains organismes avaient organisé leur administration autour d’un interlocuteur financier principal : l’OPCO.

Demain, pour les dossiers concernés, l’entreprise redeviendra beaucoup plus directement leur client financier.

Cela implique de revoir plusieurs éléments.

1. Les factures

L’organisme devra savoir précisément :

  • qui est le client contractuel ;
  • qui doit recevoir la facture ;
  • qui paie réellement ;
  • quel OPCO prend en charge la formation ;
  • quel montant est financé ;
  • quel montant reste à la charge de l’entreprise ;
  • quelles références doivent apparaître sur la facture.

Une erreur de destinataire pourra désormais avoir des conséquences beaucoup plus immédiates.


2. Les certificats et justificatifs

La qualité administrative du dossier va devenir encore plus importante.

L’OF devra être capable de fournir rapidement les documents nécessaires :

  • facture ;
  • certificat de réalisation ;
  • convention ou contrat ;
  • justificatifs de réalisation ;
  • feuilles d’émargement lorsque celles-ci sont nécessaires ;
  • références de l’accord de prise en charge ;
  • facture acquittée lorsque l’OPCO la demande ;
  • autres justificatifs spécifiques à l’opérateur.

L’organisme qui délivre une excellente formation mais transmet un dossier administratif incomplet risque de provoquer des retards de remboursement pour son propre client.

Et cela peut rapidement devenir un problème commercial.


 

La fin de l’argument commercial « vous n’avancez rien »

Voilà un changement qui mérite d’être souligné.

Pendant des années, la prise en charge OPCO et la subrogation ont pu constituer un argument commercial :

« Votre formation est prise en charge, vous n’avez rien à avancer. »

Pour une partie des dossiers, ce discours ne pourra plus être tenu de la même manière.

Le responsable de formation devra désormais comprendre que :

prise en charge ≠ paiement direct par l’OPCO.

Une entreprise peut obtenir un accord de financement et devoir malgré tout payer elle-même l’organisme de formation avant d’être remboursée.

Cette distinction devra être intégrée aux échanges commerciaux.


 

Attention : les onze OPCO ne vont pas fonctionner exactement de la même manière

C’est probablement le point le plus important à retenir.

Il ne faut surtout pas construire un nouveau process interne en se basant uniquement sur les règles publiées par un autre OPCO.

Atlas indique par exemple que, pour les dossiers concernés à compter du 1er octobre 2026, le paiement direct ne pourra plus être appliqué sauf exceptions. L’opérateur prévoit notamment des modalités spécifiques pour le Plan de développement des compétences des entreprises de moins de 50 salariés, certaines formations CampusAtlas et l’apprentissage.

Opco EP annonce également un remplacement de la subrogation par un remboursement dans les situations concernées, tout en maintenant les modalités actuelles pour les demandes validées jusqu’au 30 septembre 2026 et en excluant le contrat d’apprentissage de cette évolution.

AKTO a également publié un schéma distinguant les dispositifs impactés et ceux qui conservent leurs modalités de paiement direct.

Conclusion : le réflexe « un OPCO = une règle » doit disparaître.

Le bon réflexe devient :

OPCO + dispositif + date d’engagement + mode de financement = circuit financier applicable.


 

Le 1er octobre 2026 n’est donc pas forcément la vraie échéance pour les OF

C’est un piège important.

Le 1er octobre correspond à la date de bascule annoncée pour de nombreux circuits.

Mais les dossiers déposés avant cette date peuvent parfois continuer à relever des anciennes modalités.

Atlas donne même une échéance opérationnelle particulièrement intéressante : les entreprises souhaitant bénéficier des modalités actuelles doivent déposer leur demande avant le 15 septembre 2026, afin de permettre son instruction avant l’entrée en vigueur de la réforme.

Il ne faut donc pas attendre le 30 septembre pour examiner les dossiers de l’automne.

Pour un organisme de formation, septembre 2026 doit devenir un mois de préparation administrative.


 

Ce que les organismes de formation devraient faire maintenant

Nous pouvons résumer la préparation en huit actions.

1. Identifier les OPCO de vos principaux clients

Ne partez pas du principe que tous appliqueront les mêmes règles.

2. Cartographier vos financements

Classez vos formations selon leur mode de financement :

  • subrogation ;
  • remboursement ;
  • PDC ;
  • professionnalisation ;
  • apprentissage ;
  • reconversion ;
  • versements conventionnels ;
  • versements volontaires ;
  • cofinancements publics.

3. Identifier les dossiers déjà engagés

Ils ne doivent pas nécessairement être traités comme les nouveaux dossiers postérieurs au 1er octobre.

4. Modifier vos modèles de factures

Votre logiciel de facturation doit permettre de facturer correctement l’entreprise lorsque celle-ci devient le destinataire de la facture.

5. Préparer vos justificatifs

Il faut pouvoir produire rapidement un dossier complet après la réalisation de la formation.

6. Revoir vos CGV et vos conventions

Le circuit de paiement doit être parfaitement compréhensible par le client.

7. Revoir votre discours commercial

Évitez désormais les formulations trop générales comme :

« Votre OPCO paiera directement la formation. »

Préférez :

« Après accord de prise en charge, les modalités de facturation et de paiement dépendent de votre OPCO et du dispositif mobilisé. »

C’est moins vendeur.

Mais c’est beaucoup plus sécurisé.

8. Prévoir un scénario d’impayé

C’est probablement le sujet que beaucoup d’OF vont sous-estimer.

Si l’entreprise devient votre payeur direct, vous récupérez également une partie du risque financier.

Votre procédure de relance devra donc être prête.


 

Le risque caché : la trésorerie des organismes de formation

On parle beaucoup de la trésorerie des entreprises.

Mais les OF doivent également regarder leur propre trésorerie.

Pourquoi ?

Parce qu’un changement du circuit de financement peut modifier les délais entre :

réalisation de la formation → facturation → paiement.

Si l’entreprise paie avec un délai de 30 ou 60 jours, l’OF doit être capable d’absorber ce décalage.

Un organisme qui réalise plusieurs dizaines de milliers d’euros de formations financées par des OPCO chaque mois pourrait donc voir son besoin en fonds de roulement augmenter.

La question n’est plus seulement :

« Combien de formations vais-je vendre ? »

Elle devient :

« Quand vais-je réellement encaisser mes formations ? »

C’est une différence majeure.


 

Une réforme fiscale qui devient finalement une réforme commerciale

C’est probablement la meilleure manière de comprendre ce qui est en train de se passer.

Sur le papier, nous parlons de TVA.

Dans la réalité, les conséquences touchent :

  • la facturation ;
  • la trésorerie ;
  • les contrats ;
  • les relations avec les entreprises ;
  • les procédures administratives ;
  • les logiciels ;
  • les justificatifs ;
  • le recouvrement ;
  • le discours commercial ;
  • et finalement la compétitivité des organismes de formation.

La réforme oblige donc les OF à regarder leur financement non plus seulement sous l’angle :

« Qui finance la formation ? »

mais sous celui de :

« Qui est le client, qui reçoit la facture, qui paie, qui rembourse et à quel moment ? »


 

Ce que nous savons… et ce que nous ne savons pas encore

À quelques semaines du 1er octobre 2026, il serait imprudent de prétendre que toutes les règles sont définitivement stabilisées.

Plusieurs questions doivent encore être suivies :

  • traitement des dossiers engagés avant le 1er octobre ;
  • modalités exactes des différents OPCO ;
  • maintien de certaines formes de délégation ou de tiers payant ;
  • délais réels de remboursement ;
  • traitement des cofinancements ;
  • modalités propres aux versements conventionnels et volontaires ;
  • conséquences pour les entreprises ne récupérant pas la TVA.

Les informations publiées par les OPCO montrent d’ailleurs que les modalités opérationnelles sont loin d’être parfaitement uniformes.

Un organisme de formation qui attendra octobre pour découvrir le nouveau fonctionnement prendra donc un risque inutile.


 

Les OF doivent préparer l’après-subrogation dès maintenant

La formule « fin de la subrogation OPCO » est pratique pour résumer la situation.

Mais elle est juridiquement trop brutale.

La réalité est plus intéressante : une évolution du régime fiscal des OPCO entraîne une transformation profonde de certains circuits de financement de la formation.

Pour les entreprises, le principal risque est celui de l’avance de trésorerie et, dans certains cas, de la TVA non récupérable.

Pour les organismes de formation, le changement est encore plus structurel.

Ils devront progressivement apprendre à gérer un modèle dans lequel :

l’OPCO décide de la prise en charge, mais l’entreprise peut redevenir le véritable payeur.

La conséquence est simple :

les procédures administratives, la facturation et la gestion de trésorerie vont devenir des éléments encore plus stratégiques du métier d’organisme de formation.

Et le 1er octobre 2026 n’est pas une date à attendre.

C’est une échéance à préparer.

Si cet article vous a plu, vous pouvez suivre les travaux des experts compétences en rejoignant le blog de la formation et vous inscrire à la Newsletter. Les experts compétences accompagnent tous les projets à forte composante numérique autour du Marketing, du Management et de la Formation. Ceci pour des organismes de formation comme pour les entreprises. Pour les contacter, laissez leur un message

Le blog de la formation propose des rubriques comme :

MOTS CLÉS 

  • TVA OPCO 1er octobre 2026
  • subrogation OPCO 2026
  • fin subrogation OPCO
  • remboursement formation OPCO
  • financement formation professionnelle
  • réforme TVA OPCO
  • organisme de formation OPCO
  • paiement formation OPCO
  • remboursement formation entreprise
  • trésorerie organisme de formation
  • facturation OPCO
  • prise en charge OPCO 2026
  •  

SOURCES

  • Atlas, qui détaille déjà ses modalités applicables au 1er octobre 2026 et ses exceptions.
  • Opco EP, dont la publication du 24 juillet 2026 précise notamment le passage au remboursement HT dans les dossiers concernés.
  • AKTO, qui a publié un schéma opérationnel distinguant les dispositifs impactés et ceux conservant la subrogation.
  • Centre Inffo, pour le contexte fiscal et les positions de la Direction de la législation fiscale.
  • CPFORMATION, l’article que tu m’as indiqué, utile comme synthèse de départ mais dont nous avons volontairement nuancé certaines formulations.
  •  

Mini FAQ : OF : octobre 2026, les grands changements opérationnels

La subrogation OPCO est-elle supprimée au 1er octobre 2026 ?

Non, il faut nuancer. La subrogation n’est pas supprimée de manière générale par le Code du travail. En revanche, plusieurs OPCO annoncent sa limitation ou sa disparition pour certains dispositifs à compter du 1er octobre 2026.

L’entreprise devra-t-elle toujours avancer le prix de la formation ?

Pas nécessairement. Cela dépendra de l’OPCO, du dispositif et des modalités de financement applicables. Certaines exceptions ou formes de paiement direct sont maintenues.

L’OPCO remboursera-t-il la TVA ?

Dans les nouveaux circuits de remboursement, plusieurs OPCO annoncent un remboursement calculé sur une base HT. La TVA reste alors à la charge de l’entreprise, sous réserve de son propre droit à déduction.

Les organismes de formation doivent-ils modifier leurs factures ?

Oui, pour les dossiers concernés. L’OF doit notamment être capable d’identifier correctement l’entreprise comme destinataire de la facture lorsque le nouveau circuit l’impose.

Les contrats d’apprentissage sont-ils concernés ?

Le traitement de l’apprentissage fait partie des principales exceptions annoncées par plusieurs OPCO. Il faut néanmoins vérifier les modalités précises de l’opérateur concerné.

Tous les OPCO appliqueront-ils les mêmes règles ?

Non. C’est précisément l’un des principaux risques de la réforme. Les modalités doivent être vérifiées OPCO par OPCO et dispositif par dispositif.

Quelle est la date à retenir ?

Le 1er octobre 2026 constitue la principale date de bascule annoncée. Mais certaines échéances opérationnelles sont antérieures. Atlas demande par exemple aux entreprises souhaitant conserver les modalités actuelles de déposer leur demande avant le 15 septembre 2026.

youtubeinstagram
Facebooktwitterlinkedinmail
La formation de loisir : le marché oublié qui pourrait vous sauver

La formation de loisir : le marché oublié qui pourrait vous sauver

Les Experts Compétences  « Nous avons connu une époque où les stages de photographie de pleine nature réunissaient collectivités territoriales, fabricants de matériel, professionnels de l’image et passionnés autour d’une expérience immersive de plusieurs jours. Ces initiatives démontraient déjà que la formation de loisir pouvait constituer un véritable modèle économique, bien avant l’essor des plateformes numériques. »

NOS ARTICLES SUR LE MEME SUJET

  1. La formation de loisir : Le marché oublié qui pourrait vous sauver
  2. N’oubliez pas les formations loisirs, elles résistent
  3. Structurer ses formation : de la créativité à la qualité
  4. Comment construire une offre formation malgré les normes
  5. Cours individuels ou cursus complet ?
  6. Qu’est-ce que la formation « loisirs » ?
  7. Comment vivre de ses cours ?

 

Pendant que les financements publics se contractent, un autre marché continue de progresser : celui des particuliers qui choisissent d’apprendre pour eux-mêmes.

Depuis plusieurs mois, les organismes de formation vivent une succession de réformes qui bouleversent leur modèle économique : diminution des financements, durcissement des contrôles, évolution du CPF, nouvelles modalités de paiement des OPCO…

Dans ce contexte parfois anxiogène, une question mérite pourtant d’être posée.

Et si une partie de la réponse ne se trouvait plus dans les dispositifs publics… mais directement chez les particuliers ?

Car pendant que certains marchés ralentissent, un autre continue de se développer presque silencieusement : celui de la formation de loisir.

La formation de loisir : le marché oublié qui pourrait vous sauver

Un changement de regard

Pendant longtemps, la formation de loisir a été considérée comme un marché secondaire.

On opposait volontiers la « vraie » formation professionnelle aux activités artistiques, créatives ou culturelles.

Cette frontière devient aujourd’hui de plus en plus floue.

Dessin, peinture, photographie, céramique, écriture, cuisine, jardinage, artisanat, musique, vidéo, création numérique…

Des milliers de particuliers sont prêts à financer eux-mêmes leur apprentissage lorsqu’ils y trouvent du plaisir, du sens et une expérience enrichissante.

Ils ne recherchent pas forcément un diplôme.

Ils recherchent une compétence.

Ou simplement le bonheur d’apprendre.


 

Le client devient acteur de son propre apprentissage

C’est probablement la principale différence avec la formation professionnelle.

Dans le monde des financements publics, le client est souvent une entreprise, un OPCO ou un dispositif administratif.

Dans la formation de loisir, le client est celui qui suit réellement la formation.

  • Il choisit.
  • Il compare.
  • Il achète.
  • Il recommande.

Cette relation directe transforme profondément la manière de concevoir une offre de formation.

La qualité pédagogique reste indispensable.

Mais elle doit désormais s’accompagner d’une véritable expérience utilisateur.


 

Une expérience plutôt qu’un simple cours

Les exemples ne manquent pas.

Bien avant l’explosion des plateformes numériques, certaines initiatives avaient déjà compris cette logique.

Des stages photographiques organisés en montagne réunissaient collectivités locales, guides, fabricants de matériel photographique et passionnés autour d’une semaine complète d’immersion.

Les participants pouvaient tester les derniers appareils, photographier bouquetins, glaciers ou villages alpins, développer leurs images, participer à des critiques collectives et repartir avec un véritable carnet de voyage photographique.

La formation devenait une expérience.

Et cette expérience créait naturellement de la fidélisation.

Aujourd’hui, ce modèle inspire de nombreuses nouvelles offres.


 

Le numérique change l’échelle

La vidéo permet désormais de prolonger cette expérience.

Une balade de dessin peut devenir :

  • une initiation en présentiel ;
  • un tutoriel vidéo ;
  • un accompagnement en ligne ;
  • une communauté privée ;
  • une masterclass.

Autrement dit, une seule compétence pédagogique peut générer plusieurs produits complémentaires.

Cette logique intéresse de plus en plus d’organismes de formation qui cherchent à diversifier leurs revenus.


 

Le retour des stages de proximité

Autre évolution remarquable : les formations de proximité retrouvent de l’intérêt.

Les participants recherchent des expériences locales, conviviales et authentiques.

C’est précisément l’esprit développé par certaines initiatives artistiques qui proposent aujourd’hui des balades dessin et aquarelle sur les traces des peintres ayant immortalisé les paysages français.

Par exemple, autour de Crécy-la-Chapelle et de la vallée du Grand Morin, plusieurs parcours permettent de découvrir le paysage autrement, carnet de croquis à la main.

Cette approche associe patrimoine, culture et apprentissage artistique dans un format particulièrement apprécié.

Elle peut également être prolongée grâce à des formations vidéo accessibles en ligne, comme celles proposées sur coursdessin.org, qui permettent aux participants de continuer à progresser entre deux sorties ou depuis leur domicile.


 

Une clientèle qui finance elle-même sa formation

Contrairement aux idées reçues, le financement personnel n’est pas forcément un frein.

Lorsqu’une formation répond à une véritable passion, le prix devient souvent secondaire.

Le client compare davantage :

  • la qualité de l’accompagnement ;
  • la réputation du formateur ;
  • les résultats obtenus ;
  • l’expérience proposée.

Cette logique est très proche de celle du tourisme ou des loisirs.


 

Les organismes de formation ont tout à gagner

Pour les organismes de formation, développer une offre destinée aux particuliers présente plusieurs avantages.

  • Une moindre dépendance aux dispositifs publics.
  • Des délais de paiement généralement plus courts.
  • Une relation directe avec les apprenants.
  • Une plus grande liberté pédagogique.
  • La possibilité de créer une véritable communauté.

Cette diversification ne remplacera pas nécessairement l’activité traditionnelle.

En revanche, elle peut constituer un complément particulièrement intéressant.


 

Une nouvelle façon de penser la formation

Demain, les organismes qui réussiront seront probablement ceux capables de faire cohabiter plusieurs modèles économiques :

  • les entreprises ;
  • les collectivités ;
  • les financements publics ;
  • les particuliers.

Cette hybridation représente sans doute l’une des évolutions majeures du secteur.

Former pour obtenir une certification restera indispensable.

Former pour le plaisir d’apprendre deviendra tout aussi stratégique.


 

Notre analyse

Le marché de la formation de loisir n’est plus un marché de niche.

Il répond à des attentes profondes : apprendre, créer, partager, ralentir, développer une passion.

Pour les organismes de formation qui sauront construire des expériences plutôt que de simples cours, cette évolution ouvre des perspectives souvent sous-estimées.

Dans un contexte où les financements publics deviennent plus complexes, il serait sans doute dommage de négliger ce marché en pleine évolution.

Si cet article vous a plu, vous pouvez suivre les travaux des experts compétences en rejoignant le blog de la formation et vous inscrire à la Newsletter. Les experts compétences accompagnent tous les projets à forte composante numérique autour du Marketing, du Management et de la Formation. Ceci pour des organismes de formation comme pour les entreprises. Pour les contacter, laissez leur un message

Le blog de la formation propose des rubriques comme :

MOTS CLÉS 

  • formation de loisir
  • organisme de formation
  • formation artistique
  • stages dessin
  • cours de peinture
  • balade aquarelle
  • formation particuliers
  • diversification organisme de formation
  • coursdessin.org
  • expérience pédagogique

 

Mini FAQ : La formation de loisir : le marché oublié qui pourrait vous sauvera

La formation de loisir est-elle un véritable marché ?
Oui. Les particuliers financent de plus en plus directement leurs apprentissages dans les domaines artistiques, créatifs et culturels.

Un organisme de formation peut-il développer une offre de loisir ?
Oui, à condition d’adapter son positionnement, sa communication et son modèle économique.

Les formations artistiques peuvent-elles être proposées en ligne ?
Absolument. Elles peuvent combiner présentiel, vidéo, accompagnement individuel et communautés d’apprentissage.

Pourquoi diversifier son activité vers les particuliers ?
Parce que cela réduit la dépendance aux financements publics et permet de développer une relation directe avec les apprenants.

youtubeinstagram
Facebooktwitterlinkedinmail
OPCO les règles vont changer pour les OF

OPCO les règles vont changer pour les OF

Les Experts Compétences observent la dégradation pernicieuse du système de la FPC

NOS ARTICLES SUR LE MEME SUJET

OPCO les règles vont changer pour les OF

Facturation électronique : une réforme qui dépasse largement le cadre fiscal

Depuis plusieurs mois, la réforme de la facturation électronique monopolise l’attention des directions financières. Pourtant, une conséquence importante passe encore sous les radars : les nouvelles modalités de paiement des formations financées par les OPCO.

Contrairement à certaines idées reçues, les droits au financement ne sont pas remis en cause. Ce qui évolue, c’est le circuit de paiement.

Pour les organismes de formation, cette évolution peut modifier profondément les délais d’encaissement, la gestion administrative et, surtout, la trésorerie.


 

Ce qui change réellement

Jusqu’à présent, deux modèles coexistaient.

Le premier reposait sur la subrogation de paiement : l’OPCO réglait directement l’organisme de formation.

Le second consistait à facturer l’entreprise cliente, qui demandait ensuite son remboursement.

Avec la généralisation de la facturation électronique, les procédures tendent à privilégier davantage la facturation directe à l’entreprise, sauf dans certains cas particuliers.

Autrement dit, ce ne sont pas les financements qui changent, mais leur circuit administratif.


 

La subrogation n’est pas totalement supprimée

Contrairement à certaines informations qui circulent actuellement, la subrogation ne disparaît pas.

Pour de nombreux OPCO, elle reste maintenue notamment pour les entreprises de moins de cinquante salariés lorsque les conditions sont réunies.

En revanche, de plus en plus d’organismes de formation choisissent eux-mêmes d’abandonner cette possibilité.

La raison est simple.

Les délais de remboursement constatés chez certains OPCO peuvent atteindre plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

De nombreux dirigeants préfèrent désormais être payés directement par leur client plutôt que d’immobiliser leur trésorerie.


 

Ce que cela implique pour les organismes de formation

Dans les situations où la subrogation n’est plus utilisée, plusieurs changements deviennent obligatoires.

L’organisme de formation devra :

  • facturer directement son client ;
  • préciser dès le devis les modalités de règlement ;
  • informer clairement l’entreprise qu’elle devra avancer le paiement avant remboursement éventuel par son OPCO ;
  • adapter ses conventions de formation et ses Conditions Générales de Vente.

Cette information préalable devient essentielle afin d’éviter les litiges au moment du règlement.


 

Ce qui change pour les entreprises clientes

Pour les entreprises bénéficiaires des financements, le changement est essentiellement financier.

En l’absence de subrogation, elles devront :

  • régler la facture de l’organisme de formation ;
  • transmettre ensuite cette facture à leur OPCO ;
  • attendre le remboursement selon les règles applicables.

Pour certaines petites entreprises, cela représente une avance de trésorerie parfois importante.


 

Le cas particulier de la TVA

La réforme remet également la TVA au centre des préoccupations.

Deux situations demeurent.

Organisme exonéré de TVA

Rien ne change.

La facture continue d’être émise hors TVA.

Organisme assujetti à la TVA

La facture comporte la TVA.

L’entreprise cliente pourra ou non récupérer cette TVA selon son propre régime fiscal.

Les entreprises en franchise de TVA devront donc avancer également cette somme.

Cette situation peut devenir sensible lorsque plusieurs formations sont financées simultanément.


 

Les conséquences sur la trésorerie

C’est probablement le point le plus important.

Pour les organismes de formation :

  • moins de dépendance vis-à-vis des délais des OPCO ;
  • davantage de gestion commerciale auprès des entreprises ;
  • nécessité de mieux sécuriser les règlements.

Pour les entreprises :

  • avance de trésorerie ;
  • éventuelle avance de TVA ;
  • suivi administratif supplémentaire.

 

Les CGV deviennent un document stratégique

Cette réforme montre une nouvelle fois que les Conditions Générales de Vente ne sont plus un simple document juridique.

Elles deviennent un véritable outil de sécurisation financière.

Elles devront désormais préciser notamment :

  • les modalités de facturation ;
  • les délais de paiement ;
  • les conditions de subrogation éventuelle ;
  • les obligations de l’entreprise en matière de remboursement OPCO.

Une convention de formation insuffisamment précise pourra rapidement devenir source de conflits.


 

Une évolution qui confirme la professionnalisation du secteur

Depuis plusieurs années, les organismes de formation voient progressivement évoluer leur métier.

Au-delà de la qualité pédagogique, ils doivent désormais maîtriser :

  • les obligations Qualiopi ;
  • les exigences des OPCO ;
  • la facturation électronique ;
  • les nouvelles contraintes fiscales ;
  • la cybersécurité ;
  • les outils numériques.

La gestion administrative devient progressivement un véritable avantage concurrentiel.

Les organismes capables d’expliquer clairement ces nouvelles procédures à leurs clients renforceront leur image de professionnalisme.


 

Notre analyse

Cette réforme ne remet pas en cause le financement de la formation.

En revanche, elle transfère progressivement une partie de la responsabilité administrative vers les entreprises et les organismes de formation.

Les OF qui anticiperont ces changements en adaptant leurs processus, leurs documents contractuels et leur communication limiteront les risques de retard de paiement et préserveront leur trésorerie.

Comme souvent dans notre secteur, ceux qui préparent les évolutions réglementaires plusieurs mois à l’avance disposeront d’un avantage réel lorsque les nouvelles procédures deviendront la norme.

Si cet article vous a plu, vous pouvez suivre les travaux des experts compétences en rejoignant le blog de la formation et vous inscrire à la Newsletter. Les experts compétences accompagnent tous les projets à forte composante numérique autour du Marketing, du Management et de la Formation. Ceci pour des organismes de formation comme pour les entreprises. Pour les contacter, laissez leur un message

Le blog de la formation propose des rubriques comme :

MOTS CLÉS 

  • facturation électronique organisme de formation
  • subrogation OPCO
  • réforme OPCO 2026
  • paiement formation professionnelle
  • trésorerie organisme de formation
  • TVA organisme de formation
  • convention de formation
  • CGV organisme de formation
  • financement OPCO
  • plan de développement des compétences

 

SOURCES

  • Ministère de l’Économie – Réforme de la facturation électronique.
  • Documentation officielle des OPCO relative au Plan de développement des compétences.
  • DGFiP – Généralisation de la facturation électronique.
  • France Compétences – Cadre réglementaire de la formation professionnelle.

 

Mini FAQ : OPCO les règles vont changer pour les OF

La subrogation est-elle supprimée ?

Non. Elle reste possible selon les règles de certains OPCO, notamment pour les entreprises de moins de 50 salariés.

Les financements OPCO changent-ils ?

Non. Les modalités de prise en charge restent identiques. C’est le circuit de paiement qui évolue.

Les organismes de formation devront-ils modifier leurs CGV ?

Oui. Les modalités de paiement, de facturation et les conditions de subrogation devront être clairement précisées.

Les entreprises devront-elles avancer les frais ?

Dans les situations sans subrogation, oui. Elles régleront l’organisme de formation avant de demander leur remboursement à leur OPCO.

youtubeinstagram
Facebooktwitterlinkedinmail
Le marketing doit changer de stratégie dès aujourd’hui

Le marketing doit changer de stratégie dès aujourd’hui

Les Experts Compétences suivent l’actualité et réveille les services marketing des Organismes de formation. Nous avons, chez nous un expert marketing OF. Grand changement dans les pratiques, à lire tout de suite

NOS ARTICLES SUR LE MEME SUJET

  1. Le marketing doit changer de stratégie dès aujourd’hui
  2. Marketing de contenu comment faire ?
  3. Le marketing de contenu face à son succès
  4. Le blog : pièce maîtresse du marketing de contenu
  5. Marketing de contenu et réseaux sociaux
  6. Première rencontre avec le marketing

Pendant plus de vingt ans, la stratégie digitale des organismes de formation reposait sur une logique relativement simple : produire du contenu de qualité, optimiser son référencement naturel (SEO) et attirer progressivement un trafic qualifié vers son site internet.

Cette approche fonctionne toujours… mais elle ne suffit plus.

Depuis plusieurs mois, Google accélère le déploiement de ses réponses générées par intelligence artificielle. Les recherches deviennent conversationnelles. Les utilisateurs obtiennent des réponses complètes directement dans les résultats sans nécessairement visiter les sites web.

Aux États-Unis, plusieurs études montrent déjà qu’une majorité de recherches ne génèrent plus aucun clic vers les sites d’origine. Les moteurs de recherche deviennent progressivement des moteurs de réponses.

Pour les organismes de formation, cette évolution est loin d’être anodine.

Le marketing doit changer de stratégie dès aujourd’hui

Le trafic n’est plus l’unique indicateur de performance

Pendant longtemps, les directions marketing surveillaient principalement :

  • le nombre de visiteurs ;
  • les positions Google ;
  • les clics ;
  • le taux de conversion.

Désormais, un nouvel indicateur devient essentiel : la visibilité dans les réponses générées par l’IA.

Un organisme peut parfaitement être cité dans une réponse produite par Google sans que l’utilisateur visite immédiatement son site.

Cette évolution donne naissance à une nouvelle discipline déjà largement commentée aux États-Unis : le Generative Engine Optimization (GEO), complément naturel du référencement traditionnel.


 

L’autorité ne repose plus uniquement sur le site internet

Autre changement majeur : Google développe progressivement des profils créateurs capables d’être suivis comme sur un réseau social.

Autrement dit, le moteur de recherche ne juge plus uniquement la qualité d’un site web.

Il cherche également à identifier :

  • les experts ;
  • les auteurs ;
  • les dirigeants ;
  • les professionnels reconnus dans leur domaine.

Pour un organisme de formation, cette évolution change profondément la manière de construire sa visibilité.

Le directeur pédagogique, le dirigeant ou le responsable d’expertise deviennent eux-mêmes des signaux de confiance.


 

Le marketing d’influence entre dans la stratégie des organismes de formation

Le terme « influence » est parfois mal compris dans le secteur de la formation.

Il ne s’agit pas nécessairement d’accumuler des centaines de milliers d’abonnés.

Il s’agit surtout d’être identifié comme une source crédible.

Concrètement, cela signifie :

  • publier régulièrement sur LinkedIn ;
  • intervenir dans des conférences ;
  • participer à des podcasts ;
  • produire des analyses sectorielles ;
  • être cité dans les médias spécialisés ;
  • signer personnellement certains contenus.

Toutes ces actions renforcent progressivement la crédibilité numérique de l’organisme.


 

Le SEO devient une stratégie globale de réputation

Le référencement naturel ne disparaît pas.

Il évolue.

Hier, Google analysait principalement :

  • les liens entrants ;
  • la qualité technique ;
  • la structure des pages.

Aujourd’hui, l’intelligence artificielle cherche également à comprendre :

  • qui parle ;
  • pourquoi cette personne est crédible ;
  • si son expertise est reconnue ailleurs sur Internet.

Le référencement rejoint progressivement la stratégie de marque.


 

Les services marketing doivent élargir leurs compétences

Cette évolution oblige les organismes de formation à revoir certaines organisations internes.

Le marketing ne peut plus fonctionner isolément.

Il doit collaborer avec :

  • la direction générale ;
  • les responsables pédagogiques ;
  • les formateurs experts ;
  • les équipes commerciales ;
  • les responsables communication.

Chaque publication devient une opportunité de renforcer l’autorité globale de l’organisme.


 

Le contenu reste roi… mais il change de nature

Produire des dizaines d’articles génériques ne suffit plus.

Les moteurs privilégient désormais :

  • les analyses originales ;
  • les retours d’expérience ;
  • les études de cas ;
  • les prises de position argumentées ;
  • les contenus démontrant une véritable expertise métier.

Pour les organismes de formation, c’est finalement une excellente nouvelle.

Le secteur dispose d’une richesse considérable en matière d’expériences pédagogiques, réglementaires et opérationnelles.

Encore faut-il savoir les valoriser.


 

Les arbitrages budgétaires 2027 doivent intégrer cette mutation

Dans un contexte de réduction progressive des financements publics et de concurrence accrue, les directions devront arbitrer leurs investissements.

Réduire les budgets marketing pourrait sembler une économie immédiate.

Ce serait pourtant une erreur stratégique.

Les organismes les plus visibles seront demain ceux qui auront investi dans :

  • leur expertise ;
  • leur réputation ;
  • leur production de contenus ;
  • leur présence sur plusieurs canaux ;
  • la visibilité de leurs dirigeants.

La bataille de la visibilité ne se gagnera plus uniquement avec des mots-clés, mais avec la confiance accordée aux personnes qui incarnent l’organisme.


 

DONC

L’arrivée massive de l’intelligence artificielle dans les moteurs de recherche ne remet pas en cause l’utilité du SEO. Elle en modifie profondément les règles.

Les organismes de formation qui considéreront encore leur site internet comme un simple catalogue risquent de perdre progressivement en visibilité.

À l’inverse, ceux qui développeront une stratégie mêlant expertise, contenus, présence sociale et incarnation de leur marque disposeront d’un avantage concurrentiel durable.

Les arbitrages budgétaires de 2027 ne porteront donc pas uniquement sur les moyens financiers. Ils devront également intégrer une nouvelle réalité : la visibilité numérique devient un actif stratégique au même titre que l’offre de formation ou la qualité pédagogique.

Si cet article vous a plu, vous pouvez suivre les travaux des experts compétences en rejoignant le blog de la formation et vous inscrire à la Newsletter. Les experts compétences accompagnent tous les projets à forte composante numérique autour du Marketing, du Management et de la Formation. Ceci pour des organismes de formation comme pour les entreprises. Pour les contacter, laissez leur un message

Le blog de la formation propose des rubriques comme :

MOTS CLÉS 

  •  marketing organisme de formation, SEO IA, GEO, Google AI Mode, référencement IA, visibilité organisme de formation, stratégie digitale OF, influence dirigeant, génération de prospects formation.

SOURCES

  • Google Search Central – Documentation sur les fonctionnalités de recherche assistées par IA.
  • Études de marché publiées en 2025-2026 sur l’évolution des recherches sans clic (zero-click searches) et les usages de l’IA générative.
  • Publications d’analystes SEO spécialisés dans le Generative Engine Optimization (GEO) et l’évolution des stratégies de visibilité numérique.

 

Mini FAQ : Le marketing doit changer de stratégie dès aujourd’hui

Le SEO est-il devenu inutile avec l’IA ?
Non. Il évolue vers une approche plus globale où la qualité du contenu, l’autorité des auteurs et la réputation numérique prennent davantage d’importance.

Qu’est-ce que le GEO (Generative Engine Optimization) ?
Le GEO désigne l’optimisation des contenus pour les moteurs de recherche utilisant l’intelligence artificielle générative, afin d’être cité dans leurs réponses conversationnelles.

Les dirigeants d’organismes de formation doivent-ils être présents sur LinkedIn ?
Oui. Leur expertise publique contribue désormais à renforcer la crédibilité globale de leur organisme auprès des moteurs de recherche et des futurs clients.

Faut-il abandonner le site internet au profit des réseaux sociaux ?
Non. Le site reste le socle de la stratégie numérique. Les réseaux sociaux et les plateformes professionnelles servent à développer la notoriété, à renforcer l’autorité de l’organisme et à ramener un trafic qualifié vers ce site.

youtubeinstagram
Facebooktwitterlinkedinmail
Arbitrages budgétaires 2027 : A quoi faut-il s’attendre ?

Arbitrages budgétaires 2027 : A quoi faut-il s’attendre ?

Face au coup de frein pour la formation professionnelle, Les Experts Compétences observent les signaux d’alerte qui se multiplient.

Les organismes de formation, les CFA, les Régions et les acteurs de l’apprentissage doivent composer avec un environnement budgétaire de plus en plus contraint.

 

NOS ARTICLES SUR LE MEME SUJET

  1. Arbitrages budgétaires 2027 : A quoi faut-il s’attendre ?
  2. Crise budgétaire : A qui profite l’excès de normes ?
  3. OF : Jusqu’où iront les contractions budgétaires ?
  4. France compétences, vers une baisse des financements
  5. 2025 le point sur les financements formation

Depuis plusieurs mois, les annonces gouvernementales se succèdent : réduction des financements régionaux, extinction progressive des PRIC, révision du financement de l’apprentissage, maîtrise renforcée des dépenses du CPF… Pourtant, au-delà des effets d’annonce, une question demeure : quels organismes de formation seront réellement concernés par les arbitrages budgétaires de 2027 ?

Contrairement aux inquiétudes largement relayées, tous les organismes ne subiront pas les mêmes conséquences. Les véritables lignes de fracture apparaissent progressivement et dessinent une recomposition profonde du secteur. Les dirigeants doivent désormais anticiper cette nouvelle géographie économique plutôt que subir les décisions lorsqu’elles entreront en vigueur.

Arbitrages budgétaires 2027 : A quoi faut-il s’attendre ?

1. La logique budgétaire change

Pendant plusieurs années, les politiques publiques ont cherché à ouvrir massivement l’accès à la formation.

À partir de 2027, la logique devient différente :

  • réduction de la dépense publique ;
  • concentration des financements ;
  • priorisation des métiers en tension ;
  • pilotage plus fin des dispositifs.

L’objectif n’est plus seulement de financer davantage de formations, mais de financer les formations considérées comme les plus utiles économiquement.


 

2. Tous les organismes ne seront pas touchés

C’est probablement le point le plus important.

La disparition des PRIC, par exemple, ne concerne directement qu’une partie des organismes.

Ces marchés étaient essentiellement remportés par :

  • les grands organismes,
  • les consortiums,
  • les structures capables de répondre à des appels d’offres régionaux complexes.

Beaucoup de petits organismes n’ont jamais travaillé sur ces dispositifs.

Ils subiront indirectement les conséquences mais pas de manière immédiate.


 

3. Les organismes les plus exposés

Les arbitrages budgétaires concerneront principalement :

  • les organismes très dépendants des financements publics ;
  • ceux dont plus de 70 % du chiffre d’affaires repose sur les appels d’offres ;
  • les structures peu diversifiées.

La dépendance devient aujourd’hui le principal facteur de risque.


 

4. Les opportunités existent

À l’inverse, certains organismes pourraient profiter de cette recomposition :

  • spécialisés dans des niches ;
  • très proches des entreprises ;
  • capables de produire rapidement des formations courtes ;
  • disposant d’une forte visibilité numérique.

La qualité de la stratégie commerciale redevient un avantage déterminant.


 

5. Ce que doivent faire les dirigeants dès aujourd’hui

Plutôt que d’attendre les décisions définitives, plusieurs actions peuvent être engagées :

  • cartographier précisément les sources de financement ;
  • mesurer la dépendance aux fonds publics ;
  • développer les ventes directes aux entreprises ;
  • renforcer le référencement naturel du site internet ;
  • investir dans la communication digitale.

La diversification devient désormais un véritable outil de gestion des risques.


 

Donc

Les arbitrages budgétaires de 2027 ne provoqueront probablement pas un effondrement généralisé du secteur.

En revanche, ils accéléreront une transformation déjà engagée depuis plusieurs années.

Les organismes capables d’anticiper ces évolutions disposeront d’un avantage concurrentiel important.

Les autres risquent de subir des décisions qu’ils auraient pourtant pu préparer.


 

Si cet article vous a plu, vous pouvez suivre les travaux des experts compétences en rejoignant le blog de la formation et vous inscrire à la Newsletter. Les experts compétences accompagnent tous les projets à forte composante numérique autour du Marketing, du Management et de la Formation. Ceci pour des organismes de formation comme pour les entreprises. Pour les contacter, laissez leur un message

Le blog de la formation propose des rubriques comme :

MOTS CLÉS 

  • budget formation 2027
  • organismes de formation
  • financement formation professionnelle
  • PRIC
  • CPF
  • apprentissage
  • France Travail
  • Régions

 

SOURCES

  • Ministère du Travail
  • Caisse des Dépôts
  • France Compétences
  • Régions de France

 

Mini FAQ : Arbitrages budgétaires 2027 : A quoi faut-il s’attendre ?

Les PRIC disparaissent-ils totalement ?

Leur extinction progressive est confirmée, mais seuls les organismes fortement engagés sur ces appels d’offres seront directement concernés.

Le CPF est-il remis en cause ?

Non. En revanche, son pilotage devient plus sélectif et davantage orienté vers les priorités économiques.

Les petites structures sont-elles condamnées ?

Au contraire. Les organismes spécialisés et capables de se différencier pourraient tirer profit de cette nouvelle configuration.

youtubeinstagram
Facebooktwitterlinkedinmail