Les Experts Compétences attendent de voir ! Si les fonds formation ne vont plus aux auto-écoles qui doivent trouver d’autres financements, est-ce que l’on va retrouver une situration anté 2018 ?
- CPF et permis de conduire
- Utiliser son CPF pour son permis de conduire
- Les auto-écoles sont elles des OF comme les autres ?
- Permis de conduire et fonds formation
- Des chiffres avant / après 2018
Voici une section de chiffres clés et d’analyse qui détermine la polémique du financement du permis de conduire, en contextualisant avant / après 2018, la monétisation du CPF, et les enjeux actuels du débat public.
Des chiffres avant / après 2018
🔁 1. Monétisation du CPF : passage des heures aux euros
Avant 2018, les dispositifs comme le Droit Individuel à la Formation (DIF) étaient exprimés en heures accumulées :
jusqu’à 120 h pour un salarié à plein temps, utilisables pour des formations.
Avec la réforme de 2018, le CPF a été monétisé, c’est-à-dire transformé en valeur monétaire :
chaque droit a été converti à 15 € par heure au 31 décembre 2018, puis
les droits des salariés sont crédités en 500 € par an (plafond 5 000 €) ou 800 € par an pour les moins qualifiés (plafond 8 000 €) .
👉 Conséquence :
🎯 Du “temps de formation” garanti, on est passé à une épargne monétaire, ce qui a ouvert la porte à des usages détournés et à des logiques marchandes du financement.
📈 2. L’explosion du financement du permis via le CPF
Depuis l’ouverture du CPF monétisé en 2019, la préparation au permis de conduire est devenue l’une des utilisations les plus massives de ces droits :
Le permis B est devenu la formation la plus financée via le CPF depuis 2019.
En 2023, il représentait environ 23 % des certifications financées par le CPF .
On estime qu’en 2024, près de 1,5 million de permis ont été financés via le CPF, soit environ ¼ des candidats au permis B .
Le **montant engagé chaque année pour le permis atteindrait près de 300 millions € (source : Caisse des dépôts et consignations) .
👉 C’est un basculement spectaculaire par rapport aux usages “classiques” de formation professionnelle :
➡️ un dispositif conçu pour sécuriser des parcours professionnels s’est transformé en une caisse de financement de permis de conduire.
💸 Le débat actuel : arnaque, dérive ou rééquilibrage ?
🎯 Origine des critiques
Plusieurs acteurs dénoncent aujourd’hui :
que des droits financés par les contributions des entreprises (via l’obligation formation) soient massivement utilisés pour des formations non directement liées à un métier ou une qualification professionnelle,
que certains prestataires exploitent ce positionnement CPF comme une machine à CA facile (en particulier dans certaines auto-écoles ou offres packagées),
que cela ait créé un jeu de vases communicants où des fonds autrefois orientés vers des OF classiques (certifications, compétences métiers, reconversions) sont captés par des usages périphériques.
👉 Une députée (et d’autres responsables politiques) ont même évoqué l’idée d’un usage du CPF pour des projets personnels (ex. vacances), ce qui a été largement critiqué comme une détournement de finalité du dispositif.
⚠️ Contexte : les droits CPF sont censés être mobilisés pour des projets professionnels et non pour des dépenses personnelles sans lien direct avec l’employabilité.
📉 Réponse législative : restriction du financement du permis
Face à ces critiques et à la pression médiatique, la Loi de finances 2026 a introduit une mesure judiciaire importante :
👉 le financement du permis de conduire par le CPF sera progressivement supprimé pour les salariés, sauf pour certains cas (notamment les demandeurs d’emploi) à partir de 2026 .
Objectif affiché :
recentrer le CPF sur des usages professionnels plus classiques, comme la reconversion ou les bilans de compétences,
éviter 50+ % des consommations de droits CPF détournées vers le permis,
corriger un effet de dérive qui a vidé une partie des fonds disponibles pour d’autres formations jugées essentielles.
🧠 Où va-t-on ?
Ce débat n’est pas simplement technique, il touche à la compréhension que l’on a de l’État-social et de la finalité d’un dispositif mutualisé :
✔ Le CPF a été conçu pour sécuriser les parcours professionnels.
❓ Quand ce mécanisme permet de financer en masse des dépenses perçues comme « utiles pour la vie quotidienne », mais sans lien direct avec une compétence métier ou une insertion professionnelle, le risque est double :
dilution de l’objectif initial,
appauvrissement des droits pour les usages vraiment professionnels.
👉 C’est ce qui a conduit les décideurs à restreindre ce financement, provoquant colère et débats (certains parlent même de perte de droits), mais aussi un retour attendu au sens originel de l’instrument.
🧩 En résumé
Période Mode de calcul des droits Usage permis financé
Avant 2018 en heures (DIF), converties ensuite en euros possible mais marginal
2019–2025 CPF en euros (monétisé) permis B massivement financé (23 %)
Depuis 2026 restriction réservé principalement aux demandeurs d’emploi
💡 Conclusion pour ton audience dirigeants d’OF
Ce débat met en lumière un point essentiel : les politiques publiques influencent directement l’écosystème de la formation professionnelle. Quand un dispositif comme le CPF est élargi sans garde-fous clairs, des effets de concurrence et de captation peuvent se produire.
La polémique autour du permis de conduire n’est pas un « simple débat politique » :
👉 elle est symptomatique d’un déséquilibre entre finalité sociale et usages marchands d’un dispositif mutualisé financé par les entreprises.
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