On se réveille… mais n’est-il pas déjà tard ?

Les Experts Compétences pendant ces dernières semaines ont essayé d’analyser les enjeux de pouvoir dans le secteur économique de la Formation Professionnelle Continue. Des initiatives apparaissent et soulève les difficultés du secteur, le synofdes tire le signal d’alarme, c’est bien mais n’est-ce pas déjà trop tard ?

  1.  Qui peu défendre les OF contre les instances ?
  2. Qui peut défendre les OF? Oui, il y a d’autres organismes 
  3. Défense des OF, autre syndicat 
  4. Qui représente vraiment les organismes de formation
  5. Les cercles d’influence de la formation professionnelle
  6. ANI, là où ça comment et où vous n’êtes pas 
  7. CGT, CFDT, FO, leur rôle dans la formation
  8. Où sont les organismes de formation dans ce jeu de pouvoir
  9. OF : Subir ou devenir stratèges ?
  10. Vers la fin du modèle CPF-dépendant
  11. On se réveille mais n’est-ce pas déjà trop tard ?

Depuis plusieurs mois, les signaux d’alerte se multiplient dans le secteur.
Contraction budgétaire, encadrement renforcé, baisse des volumes, tensions de trésorerie.

Le projet de Loi de Finances 2026 marque une étape supplémentaire.

On se réveille… mais n’est-il pas déjà tard ?

Le Synofdes dénonce des arbitrages budgétaires qu’il qualifie d’aveugles :

  • Plafonnement du CPF

  • Suppression du Plan d’Investissement dans les Compétences (PIC)

  • Baisse du financement de l’apprentissage

  • Suppression de l’aide au permis de conduire pour les apprentis

Les chiffres de son baromètre 2025-2026 sont préoccupants :

  • 56 % des OF répondants ont réduit ou suspendu une partie de leurs activités

  • 89 % déclarent être impactés par les restrictions budgétaires

  • 9 % envisagent un dépôt de bilan

La question mérite d’être posée calmement :
sommes-nous face à un tournant structurel ?

 


Un écosystème déjà fragilisé

Il serait trop simple d’attribuer la crise actuelle au seul PLF 2026.

Depuis plusieurs années :

  • Le CPF est sous tension budgétaire

  • Les contrôles se sont intensifiés

  • Les marges se sont érodées

  • La concurrence s’est accrue

Le modèle expansif post-2018 touche à sa limite.

La loi de 2018 avait introduit une logique de marché régulé.
Le PLF 2026 introduit une logique de contraction budgétaire.

Ce sont deux dynamiques très différentes.

 


Variable d’ajustement ou acteur stratégique ?

Le reproche central porté par le Synofdes est clair :
les organismes de formation seraient devenus une variable d’ajustement budgétaire.

Le sujet dépasse la défense corporatiste.

Il touche à une question plus large :

  • Comment financer durablement le développement des compétences ?

  • Peut-on piloter une politique publique uniquement par des coupes budgétaires ?

  • Quel est le coût à long terme d’un affaiblissement du maillage territorial ?

Une réduction brutale de l’offre entraîne mécaniquement :

  • Moins d’accès en proximité

  • Moins d’accompagnement individualisé

  • Moins d’innovation pédagogique

 


Le réveil est-il tardif ?

Certains dirigeants d’OF estiment que l’alerte arrive tard.

Pourquoi ?

Parce que :

  • Les signaux faibles étaient visibles depuis plusieurs exercices budgétaires

  • La dépendance au CPF s’est installée sans véritable stratégie de diversification

  • Le secteur a parfois privilégié le volume à la solidité financière

La réalité est plus nuancée.

Un syndicat professionnel agit dans un cadre institutionnel.
Il négocie, alerte, argumente.
Mais il ne décide pas des arbitrages budgétaires.

 


Le vrai débat n’est peut-être pas là

La question stratégique pour les dirigeants n’est pas seulement :

L’État coupe-t-il trop ?

La question est aussi :

Notre modèle était-il trop dépendant de la dépense publique ?

Le PLF 2026 agit comme un révélateur.

  • Modèles fragiles → tension immédiate

  • Modèles diversifiés → capacité d’absorption


 

Une transformation plus qu’une crise ?

Il faut éviter deux pièges :

  1. Le déni

  2. Le catastrophisme

Oui, les arbitrages budgétaires fragilisent le secteur.
Oui, certaines structures vont disparaître.

Mais les périodes de contraction produisent aussi :

  • Une consolidation du marché

  • Une montée en exigence

  • Une professionnalisation accrue

La formation professionnelle ne disparaîtra pas.
La demande de compétences, elle, ne diminue pas.


 

Ce que le PLF 2026 révèle vraiment

Il révèle que :

  • La croissance subventionnée n’est jamais éternelle

  • Un modèle mono-canal est vulnérable

  • La régulation peut devenir contraction

La liberté de choisir son avenir professionnel ne disparaît pas.
Elle change de cadre budgétaire.


 

DONC

Le Synofdes tire la sonnette d’alarme.
Il le fait dans son rôle.

Mais au-delà de la mobilisation institutionnelle, chaque dirigeant doit mener sa propre réflexion stratégique.

Le PLF 2026 ne signe pas la fin de la formation professionnelle.
Il signe peut-être la fin d’une phase d’expansion financée massivement par la puissance publique.

La question n’est donc pas :

Est-il trop tard ?

La vraie question est :

Sommes-nous prêts à adapter nos modèles avant que la contraction ne devienne structurelle ?

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