les signaux qui annoncent une transformation de la FPC

Les Experts Compétences se demandent ce que signifie la nomination de Mme Sabrina Agresti Roubache au poste de ministre de la formation professionnelle en même temps que ministre des universités.

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Formation professionnelle : les trois signaux qui annoncent une transformation du secteur

les signaux qui annoncent une transformation de la FPC

1. La convergence institutionnelle : université, formation et apprentissage sous une même autorité

Le premier signal est politique et institutionnel.

La nomination de Sabrina Agresti‑Roubache à la tête d’un portefeuille mêlant enseignement, formation professionnelle et apprentissage n’est probablement pas un simple détail administratif.

Pendant longtemps, ces domaines ont été gérés séparément :

  • l’université dépendait de l’enseignement supérieur

  • la formation professionnelle relevait du travail

  • l’apprentissage se situait entre les deux

Aujourd’hui, ces logiques commencent à converger.

Ce rapprochement institutionnel traduit souvent une volonté de fluidifier les parcours de formation tout au long de la vie :

  • étudiant

  • apprenti

  • salarié

  • professionnel en reconversion

Dans ce modèle, l’université n’est plus seulement un lieu de formation initiale. Elle devient potentiellement un hub permanent de formation pour les actifs.

Si cette orientation se confirme, les universités pourraient progressivement devenir un acteur central de la formation continue.


 

2. La montée en puissance des certifications et du pilotage par les titres

Le deuxième signal concerne le contrôle des certifications.

Depuis la réforme de 2018, une grande partie du système est pilotée par des organismes de régulation comme France Compétences.

Cet organisme joue un rôle déterminant :

  • il valide les certifications professionnelles

  • il régule le financement du système

  • il définit les critères de qualité des formations

Or ce mécanisme a un effet très structurant :
celui qui contrôle la certification influence directement le marché.

Pourquoi ?

Parce que les entreprises et les financements publics privilégient les formations qui délivrent :

  • des titres reconnus

  • des certifications inscrites au RNCP

  • des blocs de compétences officiellement validés.

Les universités disposent sur ce terrain d’un avantage historique : elles ont l’habitude de délivrer des diplômes reconnus par l’État.

À terme, cela peut favoriser leur positionnement dans la formation continue.


 

3. L’industrialisation progressive du marché de la formation

Le troisième indice est économique.

Depuis quelques années, on observe une transformation du secteur :

  • concentration d’acteurs

  • montée des grandes plateformes de formation

  • standardisation des certifications

  • développement du e-learning à grande échelle.

Autrement dit, le secteur de la formation est en train de passer d’un modèle artisanal à un modèle industrialisé.

Dans ce contexte, deux types d’acteurs sont naturellement avantagés :

  1. les grandes structures capables d’investir massivement

  2. les institutions publiques disposant déjà d’infrastructures et de réseaux

Les universités possèdent justement :

  • des enseignants

  • des laboratoires

  • des infrastructures pédagogiques

  • une présence territoriale nationale.

Elles disposent donc d’un potentiel important pour se positionner dans ce nouveau paysage.

 

 

Ce que cela signifie pour les organismes de formation

Pour les organismes de formation privés, ces évolutions ne signifient pas nécessairement une disparition.

Mais elles impliquent probablement une mutation du secteur.

Trois scénarios semblent se dessiner :

1. Les universités renforcent leur présence sur les formations diplômantes

Elles pourraient capter une part croissante des formations longues et certifiantes.

2. Les grands groupes de formation se consolident

Certains acteurs privés continueront à dominer les marchés importants, notamment dans les grands comptes.

3. Les organismes spécialisés deviennent des experts de niche

Les structures plus petites pourraient se repositionner sur :

  • des expertises pointues

  • des formations très opérationnelles

  • des approches pédagogiques innovantes.


 

La vraie bataille : le contrôle de la formation tout au long de la vie

En réalité, la question dépasse largement la concurrence entre universités et organismes privés.

L’enjeu central est le suivant :

qui contrôlera la formation des actifs dans une économie où les compétences doivent être mises à jour en permanence ?

Car celui qui maîtrise :

  • les certifications

  • les financements

  • les parcours de formation

dispose aussi d’une influence considérable sur l’évolution du marché du travail.

Et c’est précisément pour cela que les transformations actuelles du système méritent d’être observées de près.

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