Les Experts Compétences « Nous avons connu une époque où les stages de photographie de pleine nature réunissaient collectivités territoriales, fabricants de matériel, professionnels de l’image et passionnés autour d’une expérience immersive de plusieurs jours. Ces initiatives démontraient déjà que la formation de loisir pouvait constituer un véritable modèle économique, bien avant l’essor des plateformes numériques. »
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Pendant que les financements publics se contractent, un autre marché continue de progresser : celui des particuliers qui choisissent d’apprendre pour eux-mêmes.
Depuis plusieurs mois, les organismes de formation vivent une succession de réformes qui bouleversent leur modèle économique : diminution des financements, durcissement des contrôles, évolution du CPF, nouvelles modalités de paiement des OPCO…
Dans ce contexte parfois anxiogène, une question mérite pourtant d’être posée.
Et si une partie de la réponse ne se trouvait plus dans les dispositifs publics… mais directement chez les particuliers ?
Car pendant que certains marchés ralentissent, un autre continue de se développer presque silencieusement : celui de la formation de loisir.
La formation de loisir : le marché oublié qui pourrait vous sauver
Un changement de regard
Pendant longtemps, la formation de loisir a été considérée comme un marché secondaire.
On opposait volontiers la « vraie » formation professionnelle aux activités artistiques, créatives ou culturelles.
Cette frontière devient aujourd’hui de plus en plus floue.
Dessin, peinture, photographie, céramique, écriture, cuisine, jardinage, artisanat, musique, vidéo, création numérique…
Des milliers de particuliers sont prêts à financer eux-mêmes leur apprentissage lorsqu’ils y trouvent du plaisir, du sens et une expérience enrichissante.
Ils ne recherchent pas forcément un diplôme.
Ils recherchent une compétence.
Ou simplement le bonheur d’apprendre.
Le client devient acteur de son propre apprentissage
C’est probablement la principale différence avec la formation professionnelle.
Dans le monde des financements publics, le client est souvent une entreprise, un OPCO ou un dispositif administratif.
Dans la formation de loisir, le client est celui qui suit réellement la formation.
- Il choisit.
- Il compare.
- Il achète.
- Il recommande.
Cette relation directe transforme profondément la manière de concevoir une offre de formation.
La qualité pédagogique reste indispensable.
Mais elle doit désormais s’accompagner d’une véritable expérience utilisateur.
Une expérience plutôt qu’un simple cours
Les exemples ne manquent pas.
Bien avant l’explosion des plateformes numériques, certaines initiatives avaient déjà compris cette logique.
Des stages photographiques organisés en montagne réunissaient collectivités locales, guides, fabricants de matériel photographique et passionnés autour d’une semaine complète d’immersion.
Les participants pouvaient tester les derniers appareils, photographier bouquetins, glaciers ou villages alpins, développer leurs images, participer à des critiques collectives et repartir avec un véritable carnet de voyage photographique.
La formation devenait une expérience.
Et cette expérience créait naturellement de la fidélisation.
Aujourd’hui, ce modèle inspire de nombreuses nouvelles offres.
Le numérique change l’échelle
La vidéo permet désormais de prolonger cette expérience.
Une balade de dessin peut devenir :
- une initiation en présentiel ;
- un tutoriel vidéo ;
- un accompagnement en ligne ;
- une communauté privée ;
- une masterclass.
Autrement dit, une seule compétence pédagogique peut générer plusieurs produits complémentaires.
Cette logique intéresse de plus en plus d’organismes de formation qui cherchent à diversifier leurs revenus.
Le retour des stages de proximité
Autre évolution remarquable : les formations de proximité retrouvent de l’intérêt.
Les participants recherchent des expériences locales, conviviales et authentiques.
C’est précisément l’esprit développé par certaines initiatives artistiques qui proposent aujourd’hui des balades dessin et aquarelle sur les traces des peintres ayant immortalisé les paysages français.
Par exemple, autour de Crécy-la-Chapelle et de la vallée du Grand Morin, plusieurs parcours permettent de découvrir le paysage autrement, carnet de croquis à la main.
Cette approche associe patrimoine, culture et apprentissage artistique dans un format particulièrement apprécié.
Elle peut également être prolongée grâce à des formations vidéo accessibles en ligne, comme celles proposées sur coursdessin.org, qui permettent aux participants de continuer à progresser entre deux sorties ou depuis leur domicile.
Une clientèle qui finance elle-même sa formation
Contrairement aux idées reçues, le financement personnel n’est pas forcément un frein.
Lorsqu’une formation répond à une véritable passion, le prix devient souvent secondaire.
Le client compare davantage :
- la qualité de l’accompagnement ;
- la réputation du formateur ;
- les résultats obtenus ;
- l’expérience proposée.
Cette logique est très proche de celle du tourisme ou des loisirs.
Les organismes de formation ont tout à gagner
Pour les organismes de formation, développer une offre destinée aux particuliers présente plusieurs avantages.
- Une moindre dépendance aux dispositifs publics.
- Des délais de paiement généralement plus courts.
- Une relation directe avec les apprenants.
- Une plus grande liberté pédagogique.
- La possibilité de créer une véritable communauté.
Cette diversification ne remplacera pas nécessairement l’activité traditionnelle.
En revanche, elle peut constituer un complément particulièrement intéressant.
Une nouvelle façon de penser la formation
Demain, les organismes qui réussiront seront probablement ceux capables de faire cohabiter plusieurs modèles économiques :
- les entreprises ;
- les collectivités ;
- les financements publics ;
- les particuliers.
Cette hybridation représente sans doute l’une des évolutions majeures du secteur.
Former pour obtenir une certification restera indispensable.
Former pour le plaisir d’apprendre deviendra tout aussi stratégique.
Notre analyse
Le marché de la formation de loisir n’est plus un marché de niche.
Il répond à des attentes profondes : apprendre, créer, partager, ralentir, développer une passion.
Pour les organismes de formation qui sauront construire des expériences plutôt que de simples cours, cette évolution ouvre des perspectives souvent sous-estimées.
Dans un contexte où les financements publics deviennent plus complexes, il serait sans doute dommage de négliger ce marché en pleine évolution.
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Mini FAQ : La formation de loisir : le marché oublié qui pourrait vous sauvera
La formation de loisir est-elle un véritable marché ?
Oui. Les particuliers financent de plus en plus directement leurs apprentissages dans les domaines artistiques, créatifs et culturels.
Un organisme de formation peut-il développer une offre de loisir ?
Oui, à condition d’adapter son positionnement, sa communication et son modèle économique.
Les formations artistiques peuvent-elles être proposées en ligne ?
Absolument. Elles peuvent combiner présentiel, vidéo, accompagnement individuel et communautés d’apprentissage.
Pourquoi diversifier son activité vers les particuliers ?
Parce que cela réduit la dépendance aux financements publics et permet de développer une relation directe avec les apprenants.