Fin des PRIC 2027 : tous les OF ne seront pas touchés…

Pour accéder au PRIC, il faut d’abord remporter les appels d’offres et surtour opérer des regroupements d’OF. Les Experts Compétences  ont souvent gagné ces AO et ont donc bénéficié des financements PRIC. Une véritable bouffée d’oxygène pour un OF mais que de contraintes. Alors que pensez de la disparition des PRIC ? C’est au détriment des demandeurs d’emploin ebcore un coup

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La confirmation est désormais officielle : le ministère du Travail a annoncé aux Régions la disparition des Pactes Régionaux d’Investissement dans les Compétences (PRIC) ainsi que la fin des enveloppes régionales dédiées à l’apprentissage à compter de 2027.

Pour beaucoup d’observateurs, il s’agit d’une nouvelle coupe budgétaire dans un secteur déjà fortement fragilisé.

La réalité est plus nuancée.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la disparition des PRIC ne concernera pas directement l’ensemble des organismes de formation. Elle touchera principalement ceux qui avaient réussi à accéder à ces marchés publics particulièrement exigeants. En revanche, les conséquences économiques se diffuseront progressivement à l’ensemble de l’écosystème de la formation professionnelle.

Fin des PRIC 2027 : tous les OF ne seront pas touchés…

Les PRIC : un dispositif réservé aux organismes les plus structurés

Les Pactes Régionaux d’Investissement dans les Compétences avaient un objectif clair : financer massivement la montée en compétences des demandeurs d’emploi afin de répondre aux besoins des territoires.

Mais, contrairement à une idée largement répandue, les PRIC n’étaient pas une simple subvention ouverte à tous.

Pour bénéficier de ces financements, les organismes de formation devaient répondre à des appels d’offres publics particulièrement complexes.

Ces marchés exigeaient notamment :

  • une ingénierie pédagogique solide ;
  • des capacités administratives importantes ;
  • une couverture géographique parfois régionale ;
  • des indicateurs qualité très précis ;
  • une capacité financière permettant de supporter des marchés de plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions d’euros.

Autrement dit, très peu d’organismes pouvaient réellement prétendre remporter ces appels d’offres.


 

Les consortiums : une réalité souvent méconnue

Dans la pratique, un organisme de formation isolé avait rarement les moyens de répondre seul.

Il fallait constituer de véritables consortiums réunissant plusieurs partenaires complémentaires.

Cette logique permettait de couvrir un territoire plus vaste, de mutualiser les compétences et de rassurer les acheteurs publics.

Il n’était d’ailleurs pas rare de voir des organismes privés travailler aux côtés d’acteurs historiques comme l’AFPA afin de présenter une offre suffisamment crédible.

Cette réalité est largement ignorée du grand public.

Répondre à un PRIC relevait davantage de l’ingénierie de projet que de la simple activité de formation.


 

Tous les organismes ne seront donc pas directement touchés

C’est un point essentiel.

La disparition des PRIC ne signifie pas que tous les organismes de formation perdront brutalement une partie de leur chiffre d’affaires.

Nombre d’entre eux n’ont jamais remporté un seul marché PRIC.

Les petites structures spécialisées dans :

  • la formation interentreprises ;
  • les formations certifiantes financées par le CPF ;
  • les prestations intra-entreprises ;
  • les formations courtes ;

n’étaient souvent pas concernées.

Pour elles, la disparition des PRIC ne modifiera pas directement leur activité.


 

En revanche, tout le marché va être déstabilisé

C’est ici que les conséquences deviennent beaucoup plus importantes.

Les organismes qui réalisaient une part significative de leur activité grâce aux PRIC devront retrouver rapidement de nouveaux débouchés.

Ils vont naturellement se repositionner sur :

  • les appels d’offres de France Travail ;
  • les marchés des OPCO ;
  • les contrats d’apprentissage ;
  • les prestations pour les entreprises ;
  • les marchés régionaux encore disponibles.

La concurrence va donc s’intensifier.

Et lorsque les grands acteurs se repositionnent, ils exercent une pression sur l’ensemble du marché.

Les organismes qui n’ont jamais bénéficié des PRIC pourraient ainsi être indirectement pénalisés par une concurrence accrue et une pression plus forte sur les prix.


 

Une tendance engagée depuis plusieurs années

La disparition des PRIC ne constitue pas une décision isolée.

Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de transformation de la formation professionnelle.

Ces dernières années, le secteur a déjà connu :

  • la diminution des crédits régionaux ;
  • la réforme du CPF et ses multiples restrictions ;
  • la baisse des financements consacrés aux reconversions professionnelles ;
  • la réduction des aides à l’apprentissage ;
  • le renforcement des contrôles administratifs ;
  • la centralisation croissante de la gouvernance autour de l’État.

Chaque mesure prise isolément peut sembler limitée.

En revanche, leur accumulation dessine une véritable évolution du modèle économique de la formation professionnelle.


 

Les grands organismes devront se réinventer

Les structures qui avaient développé une véritable expertise dans la réponse aux marchés publics vont devoir revoir leur stratégie.

Plusieurs pistes apparaissent déjà :

  • développement de l’activité entreprises ;
  • diversification vers le numérique ;
  • montée en gamme des prestations ;
  • internationalisation ;
  • création de nouvelles certifications ;
  • partenariats privés.

Certaines y parviendront.

D’autres rencontreront davantage de difficultés.

Comme lors de chaque changement de modèle économique, une phase de concentration du secteur paraît probable.


 

Une opportunité pour les organismes agiles ?

Paradoxalement, cette évolution pourrait également créer des opportunités.

Les petites structures, souvent plus réactives, plus spécialisées et plus proches des besoins des entreprises locales, pourraient tirer leur épingle du jeu à condition de ne plus dépendre exclusivement des financements publics.

La différenciation deviendra probablement plus importante que la taille.

Expertise, innovation pédagogique, proximité avec les entreprises et qualité du service pourraient redevenir des critères décisifs.


 

La fin d’une époque

Pendant près de dix ans, les PRIC ont profondément transformé la formation des demandeurs d’emploi.

Ils ont permis de financer des milliers de parcours de formation, d’accompagner des reconversions et d’investir massivement dans les compétences.

Mais ils ont également professionnalisé les organismes capables de répondre à ces marchés complexes.

Leur disparition marque probablement la fin d’une période où les Régions jouaient un rôle moteur dans le financement massif des compétences.

L’avenir sera sans doute davantage marqué par des financements ciblés, des exigences accrues de rentabilité et une logique plus économique que sociale.

Les organismes de formation qui réussiront seront ceux qui sauront anticiper ces mutations plutôt que les subir.


Donc

La disparition des PRIC ne doit pas être interprétée comme un simple retrait budgétaire.

Elle constitue un signal supplémentaire de la profonde recomposition du secteur de la formation professionnelle.

Les organismes directement concernés devront reconstruire leur modèle économique.

Les autres devront se préparer à évoluer dans un environnement beaucoup plus concurrentiel.

Dans tous les cas, la capacité d’anticipation, d’innovation et de diversification sera plus que jamais la clé de la pérennité.


 

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SOURCES

  • Ministère du Travail – orientations budgétaires 2027.
  • Centre Inffo – Évolutions des Pactes Régionaux d’Investissement dans les Compétences.
  • Régions de France – Communications sur les financements régionaux de la formation professionnelle.

 

Mini FAQ : Fin des PRIC 2027 : tous les OF ne seront pas touchés…

Les PRIC concernaient-ils tous les organismes de formation ?

Non. Seuls les organismes capables de répondre aux appels d’offres régionaux pouvaient en bénéficier, souvent au sein de consortiums réunissant plusieurs partenaires.

Pourquoi la disparition des PRIC aura-t-elle un impact sur l’ensemble du secteur ?

Les organismes qui vivaient de ces marchés publics vont se repositionner sur d’autres financements, augmentant ainsi la concurrence sur l’ensemble du marché.

Les petites structures doivent-elles s’inquiéter ?

Pas nécessairement. Les organismes spécialisés, proches des entreprises et peu dépendants des financements publics pourraient même trouver de nouvelles opportunités.

Les Régions continueront-elles à financer des formations ?

Oui, mais avec des enveloppes beaucoup plus limitées et des priorités recentrées, ce qui modifiera profondément la nature des appels d’offres.

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