Les Experts Compétences accompagnent les OF, écoles et établissements de formation à l’obtention de Qualiopi. Jusque là, aucun refus, aucune « non conformité » mais oui, c’est beaucoup de papier. Utile ou pas ? Forcément si vous visez des budgets publics, si vous voulez répondre à des appels d’offres etc… Pas forcément si vous n’avez qu’une clientèle privée, entreprises (et encore) ou particulier. Voyons voir si Qualiopi est une usine à paperasse et rien d’autre
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Depuis le 1er janvier 2022, impossible ou presque de travailler avec des fonds publics ou mutualisés sans la certification Qualiopi.
Présentée comme la grande réforme qualité de la formation professionnelle, la certification devait permettre de professionnaliser le secteur, sécuriser les financements publics et rassurer les bénéficiaires.
Trois ans plus tard, une question revient régulièrement chez les organismes de formation :
Qualiopi améliore-t-elle réellement la qualité des formations ou produit-elle surtout davantage de procédures et de documents ?
Le débat mérite d’être posé.
Qualiopi : outil à paperasse ou non ?
Une idée de départ difficilement contestable
Sur le principe, peu d’acteurs contestent l’objectif poursuivi.
Avant Qualiopi, les pratiques étaient très hétérogènes.
Certaines structures travaillaient avec des procédures solides.
D’autres se contentaient de quelques documents administratifs.
La création d’un référentiel national unique visait donc à :
- harmoniser les pratiques ;
- sécuriser les financements ;
- professionnaliser le secteur ;
- lutter contre certains abus ;
- améliorer l’information des bénéficiaires.
Sur le papier, la logique était cohérente.
Ce que Qualiopi a réellement changé
La certification a profondément transformé le quotidien des organismes de formation.
Aujourd’hui, un OF doit notamment démontrer :
- sa capacité à informer les apprenants ;
- son suivi pédagogique ;
- ses modalités d’évaluation ;
- ses processus d’amélioration continue ;
- sa veille réglementaire ;
- sa gestion des compétences internes.
Autrement dit, la qualité n’est plus seulement déclarée.
Elle doit être démontrée.
Et surtout documentée.
Le sentiment de nombreux organismes : « nous passons plus de temps à prouver qu’à former »
C’est probablement la critique la plus fréquente.
De nombreux dirigeants d’organismes de formation reconnaissent que certaines exigences ont permis de structurer leur activité.
Mais ils dénoncent également :
- la multiplication des documents ;
- les tableaux de suivi ;
- les preuves à conserver ;
- les procédures parfois très formelles ;
- les coûts de certification.
Pour les petites structures, l’impression est parfois celle d’un décalage entre les moyens disponibles et les obligations demandées.
Un formateur indépendant ne dispose pas des mêmes ressources administratives qu’un organisme de plusieurs dizaines de salariés.
Pourtant, le référentiel s’applique à tous.
Une qualité documentaire n’est pas toujours une qualité pédagogique
C’est l’une des critiques les plus sensibles.
Un organisme peut disposer :
- d’excellentes procédures ;
- de tableaux impeccables ;
- d’indicateurs parfaitement renseignés.
Et proposer malgré tout des formations médiocres.
À l’inverse, certains formateurs très compétents pédagogiquement rencontrent parfois des difficultés à satisfaire certaines exigences documentaires.
Cette situation nourrit une interrogation récurrente :
évalue-t-on la qualité de la formation ou la qualité de l’organisation administrative ?
Les défenseurs de Qualiopi répondent
Les partisans du dispositif rappellent toutefois plusieurs avancées importantes.
Grâce à Qualiopi :
- les pratiques sont davantage harmonisées ;
- les audits externes existent ;
- les bénéficiaires disposent d’informations plus transparentes ;
- certains acteurs peu sérieux ont disparu du marché ;
- les financeurs disposent d’un cadre de contrôle commun.
Ils soulignent également qu’une démarche qualité ne peut fonctionner sans traçabilité.
Selon eux, la documentation n’est pas un objectif mais un moyen de démontrer la réalité des pratiques.
Le risque de la bureaucratisation
Le danger apparaît lorsque la procédure devient une finalité.
De nombreux professionnels craignent que le secteur ne développe progressivement une culture de conformité administrative plutôt qu’une culture de performance pédagogique.
Dans ce scénario, les organismes passeraient davantage de temps à produire des preuves qu’à améliorer leurs contenus de formation.
Or la finalité d’un organisme de formation n’est pas de remplir des classeurs.
Elle est de transmettre des compétences.
Vers une évolution du référentiel ?
La question est désormais régulièrement évoquée dans le secteur.
Faut-il :
- alléger certaines exigences ?
- adapter davantage les critères aux petites structures ?
- renforcer les indicateurs de résultats ?
- mieux mesurer l’impact réel des formations ?
Pour l’instant, aucune réforme majeure n’est annoncée.
Mais le débat reste ouvert.
D’autant que les contraintes budgétaires actuelles poussent les pouvoirs publics à rechercher davantage d’efficacité dans l’utilisation des fonds de la formation professionnelle.
Qualiopi est-elle un succès ?
La réponse dépend largement du point de vue adopté.
Pour les financeurs, Qualiopi constitue un outil de sécurisation indispensable.
Pour certains organismes, elle a permis une véritable montée en qualité.
Pour d’autres, elle représente surtout une charge administrative supplémentaire.
Comme souvent, la vérité se situe probablement entre ces deux positions.
Qualiopi a professionnalisé le secteur.
Mais elle pose également une question essentielle :
Comment garantir la qualité sans transformer la formation professionnelle en exercice bureaucratique permanent ?
Le débat ne fait sans doute que commencer.
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SOURCES
- Ministère du Travail
- France Compétences
- Référentiel National Qualité (RNQ)
- Centre Inffo
- Loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel
Mini FAQ : Qualiopi : outil à paperasse ou non ?
Qualiopi est-elle obligatoire ?
Oui, pour bénéficier de fonds publics ou mutualisés (CPF, OPCO, Régions, Pôle emploi, etc.).
Qualiopi garantit-elle la qualité d’une formation ?
Elle garantit principalement l’existence de processus qualité conformes au référentiel national, mais ne constitue pas à elle seule une garantie absolue de qualité pédagogique.
Les petites structures sont-elles soumises aux mêmes exigences ?
Le référentiel est le même pour tous, même si certains indicateurs peuvent être adaptés selon l’activité exercée.
Une réforme de Qualiopi est-elle prévue ?
Aucune réforme majeure n’est officiellement annoncée à ce jour, mais les débats sur la simplification administrative restent nombreux.
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