Pour Les Experts Compétences les OPCO (antérieurement Opca) ont toujours fait partie du paysage. Mais depuis cette fatale date de 2018 leur périmètre de compétences est progressivement restreint. Jusqu’où ? L’état semble s’organiser sans eux.
- Faut-il supprimer les Opco ?
- Quels sont les relations entre Opco et organisme de formation ?
- Comment financer une formation avec l’Opco ?
- Comment nouer des partenariats avec les Opco ?
- Nouer des relations avec les Opco : Exemples
- OF vs OPCO : décalages et malentendus
- Ce que les Opco attendent (vraiment) des OF
- Quand Opco et OF parlent (enfin) la même langue
- Comment les Opco vont contraindre les OF à s’adapter
- Où en sont les OPCO en 2025 ?
Pendant des années, les OPCO ont été présentés comme les piliers de la réforme de la formation professionnelle voulue par Emmanuel Macron. Créés en 2019 pour remplacer les anciens OPCA, ils devaient simplifier le financement de la formation, accompagner les entreprises et fluidifier l’apprentissage.
Six ans plus tard, le contexte a radicalement changé.
France Compétences cumule plus de 11 milliards d’euros de déficit depuis sa création. Les finances du système sont sous tension. La Cour des comptes multiplie les avertissements. Les fraudes à l’apprentissage font régulièrement la une de l’actualité.
Faut-il supprimer les OPCO ?
Et dans les couloirs des ministères comme dans les cercles spécialisés de la formation professionnelle, une question commence à circuler :
Les OPCO sont-ils toujours utiles ?
Plus précisément : faut-il conserver les OPCO dans leur forme actuelle ou transférer leurs missions à d’autres acteurs publics ?
Une réforme qui devait simplifier le système
Lorsque les OPCO ont remplacé les OPCA en 2019, l’objectif affiché était clair.
Le gouvernement souhaitait :
- réduire le nombre d’intermédiaires ;
- renforcer l’accompagnement des entreprises ;
- soutenir l’apprentissage ;
- professionnaliser les branches ;
- améliorer l’adéquation entre les besoins des entreprises et les compétences disponibles.
Sur le papier, le projet était séduisant.
Dans les faits, le paysage de la formation est devenu plus complexe que jamais.
Aujourd’hui, une entreprise qui cherche à comprendre le financement de ses formations doit souvent naviguer entre :
- son OPCO ;
- France Compétences ;
- la Caisse des Dépôts ;
- les plateformes CPF ;
- les organismes certificateurs ;
- les CFA ;
- les services de l’État.
Le résultat est un système que beaucoup d’entrepreneurs jugent devenu illisible.
Les OPCO : acteurs de terrain ou simple couche administrative ?
C’est toute la question.
Les défenseurs des OPCO rappellent qu’ils jouent un rôle essentiel auprès des TPE et PME.
Dans de nombreux territoires, les conseillers OPCO sont souvent les seuls interlocuteurs capables d’aider une petite entreprise à :
- comprendre ses droits ;
- identifier les financements disponibles ;
- construire un plan de développement des compétences ;
- recruter un apprenti ;
- monter un dossier de financement.
Pour beaucoup de dirigeants de petites entreprises, l’OPCO constitue encore la porte d’entrée du système.
Mais leurs détracteurs soulignent une autre réalité.
Chaque année, plusieurs milliards d’euros transitent par les OPCO avant d’arriver aux bénéficiaires finaux.
Pour certains observateurs, ces structures sont devenues une couche administrative supplémentaire dont le coût de fonctionnement mérite aujourd’hui d’être réévalué.
Pourquoi le débat ressurgit aujourd’hui
La réponse tient en un chiffre.
11 milliards d’euros.
C’est le déficit cumulé de France Compétences depuis sa création.
Une situation devenue difficilement soutenable.
L’État a déjà dû intervenir à plusieurs reprises pour rééquilibrer les comptes.
Or, dans un contexte de réduction des dépenses publiques, chaque maillon du système est désormais examiné à la loupe.
Les OPCO n’échappent pas à cet examen.
Plusieurs rapports évoquent :
- des différences importantes de gestion entre OPCO ;
- des coûts administratifs variables ;
- des procédures parfois redondantes ;
- des circuits financiers particulièrement complexes.
Dans un système sous pression financière, ces critiques prennent une dimension nouvelle.
Une centralisation des financements est-elle envisagée ?
Officiellement, aucune suppression des OPCO n’est annoncée.
Mais plusieurs pistes circulent dans les milieux spécialisés.
Parmi les scénarios régulièrement évoqués :
- un transfert progressif des financements vers la Caisse des Dépôts ;
- une implication plus importante de l’Agence de Services et de Paiement (ASP) ;
- une réduction du nombre d’OPCO ;
- un recentrage de leurs missions sur l’accompagnement des branches ;
- une centralisation accrue des contrôles.
L’objectif poursuivi serait double :
- réduire les coûts de gestion ;
- renforcer le contrôle des fonds publics.
Les entreprises ont-elles intérêt à la disparition des OPCO ?
Pas forcément.
Car derrière les critiques administratives se cache une réalité de terrain.
Les grandes entreprises disposent généralement de services RH capables de gérer seules leurs dispositifs de formation.
Les petites entreprises, elles, ont souvent besoin d’accompagnement.
Supprimer les OPCO pourrait certes simplifier les flux financiers.
Mais cela pourrait aussi éloigner davantage les décideurs publics des réalités vécues par les entreprises.
Le risque serait alors de créer un système plus centralisé, mais également plus bureaucratique.
Le véritable problème n’est peut-être pas celui que l’on croit
En réalité, le débat sur les OPCO pourrait masquer une question plus profonde.
Le déficit de France Compétences n’est pas né de l’existence des OPCO.
Il trouve principalement son origine dans le financement massif de l’apprentissage et dans la croissance extrêmement rapide du nombre de contrats signés depuis plusieurs années.
Autrement dit, supprimer les OPCO ne suffirait probablement pas à résoudre les déséquilibres financiers du système.
La vraie question est plutôt de savoir comment financer durablement la formation professionnelle dans un contexte budgétaire de plus en plus contraint.
Une réforme inévitable
Qu’on le veuille ou non, le système de financement de la formation professionnelle entre dans une nouvelle phase.
Après plusieurs années d’expansion, le temps des arbitrages budgétaires semble être arrivé.
Les OPCO ne disparaîtront peut-être pas.
Mais leur rôle, leurs missions et leur place dans l’écosystème pourraient être profondément redéfinis dans les années à venir.
Les organismes de formation, les CFA et les entreprises ont tout intérêt à suivre attentivement ces évolutions.
Car les décisions prises aujourd’hui à Paris pourraient bien redessiner durablement le paysage de la formation professionnelle de demain.
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SOURCES
- Ministère du Travail
- France Compétences
- Cour des comptes
- Centre Inffo
- Loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel
Mini FAQ : Faut-il supprimer les OPCO ?
Les OPCO vont-ils être supprimés ?
À ce jour, aucune suppression n’est annoncée. En revanche, plusieurs scénarios de réforme circulent dans les milieux spécialisés.
Pourquoi les OPCO sont-ils critiqués ?
Certains acteurs estiment que le système de financement de la formation comporte trop d’intermédiaires et génère des coûts de gestion importants.
Les OPCO sont-ils responsables du déficit de France Compétences ?
Non. Les déficits proviennent principalement du déséquilibre entre les recettes du système et les dépenses liées à l’apprentissage.
Les entreprises ont-elles besoin des OPCO ?
Pour de nombreuses TPE et PME, les OPCO restent aujourd’hui des interlocuteurs précieux pour accéder aux financements et comprendre les dispositifs existants.